The Violent Kind

Au cours de sa séquence prégénérique, The Violent Kind s’efforce de porter son nom. Montage visant à nous faire comprendre la nature de bikers des protagonistes, en parallèle d’une partie de jambes en l’air à la dure (mais vêtue, allez comprendre), mademoiselle cognant son homme au visage au moment de l’orgasme, qui débouche sur le tabassage gratuit de deux quidams venus chercher des noises à Q, Cody et Elroy… Ces trois-là, flanqués de Shade, la copine de Q, censée être de la famille de Cody mais un chouïa incestueuse, se rendent en week-end dans une maison en forêt, QG historique de leur gang, pour célébrer l’anniversaire de maman Cody. Le fiston y retrouve son ex, Michelle, qui lui montre combien elle a refait sa vie en fourrant sa langue dans la gorge d’un autre, ainsi que Megan, frangine de Michelle, all grown up et bien décidée à faire du pied à ce voyou au cœur brisé.

La fête se termine, et voilà que Michelle, qui avait pourtant pris la route en abandonnant Megan sur place, frappe à la porte, ensanglantée, traumatisée… La panique s’empare des faux durs à cuire, qui tentent de comprendre ce qui se passe pendant qu’Elroy veille sur la blessée, inconsciente, et en profite pour se livrer à quelques attouchements. Lesquels ont tôt fait de réveiller l’appétit de Michelle, pas seulement sexuel mais aussi cannibale, puisque la miss s’avère passablement possédée, allez savoir par qui ou quoi. Pour couronner le tout, dans le ciel qui surplombe cette violence, une aurore boréale perturbe tous les moyens de communication. Et non, ce n’est pas tout : dans les parages rôdent des Teddy Boys d’un autre temps, qui vont jouer du cran d’arrêt pour pourrir la soirée de nos peu aimables protagonistes. Et puis… non, j’arrête là.

Parce que oui, le moins que l’on puisse dire est que The Violent Kind est un film riche en paramètres et en idées. Qu’elles soient toutes bonnes, par contre, reste à prouver. Autant on peut comprendre que les frères bouchers – Mitchell Altieri et Phil Flores, les réalisateurs, se font en effet appeler les Butcher Brothers – tentent de s’éloigner du carcan du Evil Dead-like qu’ils se sont imposés en guise de préambule, autant le désir de différenciation transforme peu à peu The Violent Kind en œuvre aussi polymorphe qu’incompréhensible, à la finalité sans cesse repoussée. Faire différent, c’est bien ; faire n’importe quoi, un peu moins.

Dans certaines de ses multiples identités, considérées séparément, The Violent Kind est pourtant assez réussi. L’exploitation par le film d’une Tiffany Shepis en mode Regan est efficace – mais je suis peu objectif, puisque la présence de l’actrice, dont je suis fan depuis ses débuts dans Tromeo and Juliet, est la raison de mon visionnage –, tout comme certaines séquences de l’opposition entre nos bikers et les loubards fifties, frappadingues à souhait. Mises bout à bout, toutefois, ces facettes se tournent le dos plus qu’elles ne se complètent, d’autant que leurs liants – le meurtre d’un voisin jouant supposément un rôle important dans l’histoire, des rituels qui font appel à quelque nécromancie, les perturbations électromagnétiques – ne font que nous perdre un peu plus, jusqu’à si ce n’est l’irritation, au moins la démangeaison. Et si je vous dis que tout cela se termine en délire SF, vous ne me croirez peut-être pas, mais c’est pourtant le cas, soucoupe à la Emmerich et tout et tout…

L’ambition du film est certainement de faire évoluer l’acceptation de son titre, de la présentation de types violents (nos « héros ») à celle d’une espèce violente (et extraterrestre - les Teddy Boys), en passant par un divertissement nocturne, des propres mots du loubard en chef, de type violent. Soit, la violence est donc le maitre mot d’un film qui en montre en réalité assez peu, mais omet tant la sympathie que l’on ne ressent au final aucune douleur ou crainte, tout juste une affection mécanique pour ses jolies actrices – Tiffany Shepis, donc, mais aussi Taylor Cole –, préférant le trio antagoniste aux protagonistes sans épaisseur. La réalisation est correcte et les effets aussi, mais il est difficile de passer de la possession sanguinolente à la lumière proprette de toute invasion qui se respecte (croyez-en l’enfance de Fox Mulder), sans que l’ambiance, jamais vraiment flippante puisqu’on est trop occupé à être intrigué, ne se dissolve dans le néant.

Je dois bien avouer qu’il survit à la vision de The Violent Kind un paquet de choses intéressantes – et non, je ne parle pas que de la nudité de Dame Shepis – mais, alors qu’il s’efforce tant d’affirmer une personnalité, une identité, nada. Ça sent le film culte des uns, la bizarrerie ratée des autres, et ce n’est peut-être déjà pas si mal puisque le film des Butcher Brothers, au moins, ne laisse pas indifférent.

Akatomy | 7.05.2012 | Hors-Asie

Disponible en DVD un peu partout, The Violent Kind est notamment sorti chez nous le 4 janvier de cette belle année apocalyptique.

USA | 2010 | Un film des Butcher Brothers (Mitchell Altieri et Phil Flores) | Avec Cory Knauf, Taylor Cole, Bret Roberts, Christina McDowell (Christina Prousalis), Tiffany Shepis, Nick Tagas, Joe Egender, Joseph McKelheer, Samuel Child
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