The Yakuza Way

Kanuma (Riki Takeuchi) est un Japonais comme on doit en voir beaucoup à Los Angeles, vu que sa présence sur le territoire américain ne semble pas surprendre grand monde. D’ailleurs, tous ceux qui croiseront son chemin au cours du film (même s’ils sont tellement peu nombreux qu’on se croirait dans un spin-off du mythique Night of the Comet de Thom Eberhardt /1984) l’identifieront immédiatement comme étant un yakuza - vous savez ces criminels respectables qui obéissent encore au code des samouraïs ?

Notre bon gangster donc, s’est momentanément importé aux US le temps de récupérer suffisamment de cocaïne bon marché pour retourner l’écouler dans son archipel ; un commerce extérieur somme toute très normal dans lequel son bon ami (d’enfance visiblement) Mike Sakata l’aide avec fougue. Mais voilà, à peine Kanuma a-t-il acheté sa drogue qu’il part retrouver la femme de sa vie - accessoirement passeuse -, une infortunée ma foi fort jolie qui travaille en tant qu’hôtesse de l’air. Evidemment, Riki lui annonce qu’il veut décrocher rapidement pour l’épouser... vous savez ce que ça veut dire, non ? Et bien que la jeune femme meure violemment dès la scène suivante, bien entendu ! Dire que Kanuma prend mal cet assassinat qui se déroule sous ses yeux est un euphémisme ; heureusement qu’il a des bottomless chargeurs dans son arme !

L’ex-futur marié, désormais veuf par anticipation, décide donc de prolonger son séjour dans la Cité des anges pour satisfaire sa soif de vengeance. Trahisons, flics pourris et meurtres jalonneront son parcours... mais surtout les retrouvailles avec sa sœur oubliée ! Que c’est beau !

Et bien non. D’ailleurs c’est même tout pourri. Vraiment pas bon. Beuark.

A l’origine de ce visionnage inconsidéré, deux (parfois) fâcheux traits personnels. Le premier vous le savez tous, c’est mon penchant pour le direct-to-video nippon, ici pimenté par la présence au générique de Riki DoA Takeuchi. Le second, c’est mon opportunisme redoutable, qui m’amène à ne jamais rater un film nippon au format (pas dur puisque le film est plein cadre d’origine), en VO (encore plus facile puisque quasiment tous les dialogues sont, à la base, en anglais - enfin si on peut appeler le charabia de Riki de l’anglais !), pour la somme dérisoire de £4.99 sur play.com, ex-Play 247. Et vlan, non seulement je me retrouve devant un sous-Hollywood Night (décidemment mètre étalon officiel de la pauvreté en 1.33:1), mais en plus il n’y a ni Eric Roberts ni même Virginia Madsen au générique...

The Yakuza Way a un défaut principal, qui en cache beaucoup d’autres : il est parfaitement mauvais. Ca tient notamment au jeu des acteurs, l’interprête de Mike Sakata, George Kee Cheung, en tête ; mais aussi à la mignonne et démesurément endivesque Maya Hoshino, qui passe son temps à regarder si la caméra tourne ou non, pour mesurer le nombre de fausses larmes qu’il lui reste à fournir. De nouveaux prétendants au record détenu par Coolio et Mark Dacascos dans China Strike Force ???

Riki himself n’est que l’ombre d’une parodie de lui-même, un substrat de vilain méchamment déterminé, sorti tout droit d’un cauchemar de Dick Rivers du fin fond des années 80. Je vous semble dur ? Attendez d’écouter les dialogues - surtout inter-policiers - qui font l’apologie de la morale des yakuza ou du sex post-gunfight ( ???)... d’ailleurs sublimés à l’occasion de la fin précipitée du film - au bout de 75 minutes à peine (ouf !) -, avec cette affirmation d’un lieutenant qui laisse s’enfuir un Riki blessé mais vainqueur (oops, un spoiler ! ;-) en déclarant solennellement : "Better justice... than law." Ca calme !

Bon histoire d’éviter de fournir un article 100% négatif et donc très très légèrement injuste (et surtout pas très Sancho, sorry...), je me dois de vous mentionner les quelques tous petits points positifs du film. Ainsi est-il particulièrement jouissif de voir Riki sortir son arme en un quart de seconde après le décès de son ex-future épouse précipitée viande à vers de terre, et vider des chargeurs à tout bout de champ. Ou encore de regarder Riki lancé sur sa jolie moto, faire la même chose après l’exécution de... (ah non ça je peux pas dire !), les deux mains consacrées à l’actionnement de son fusil à pompe. Et enfin il y a ce début de duel trop bref, entre Riki et le flic pourri révélé au cours de l’ "histoire", véritable bain de sang à bout portant.

C’est déjà ça certes, mais - même pour moi ! - c’est vraiment trop peu par rapport à la médiocrité non assumée (et c’est bien là que le bât blesse) de l’ensemble.
Gloups...

Akatomy | 25.04.2003 | Japon

The Yakuza Way est donc disponible en DVD Zone 2 Pal UK, au format et sous-titré...
En guise de suppléments à ce fiasco : le trailer du film et la filmo de George Kee Cheung (illustrée avec une photo... de Riki Takeuchi !)...

aka Za Yakuza : Hono no Fukushu | Japon | 1995 | Un film de Shundo Ohkawa | Avec Riki Takeuchi, George Kee Cheung, Eugene Nomura, Maya Hoshino, Mario Opinato
Désir meurtrier
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