Three Times

Après la commande-hommage à Yazushiro Ozu, Café Lumière, Hou Hsiao Hsien est revenu avec son dernier opus sur des terrains familiers. Film composé de trois histoires différentes, mais pas « film à sketch », Three Times fait revivre trois époques et autant de manières différentes d’aimer. Il navigue d’une histoire à une autre comme il passe d’une scène à l’autre, avec les mêmes interprètes, Shu Qi et Chang Chen. Le dernière oeuvre de Hou Hsiao Hsien est un film sur l’amour au filigrane politique : les trois périodes évoquées dans le film correspondent à des phases de rupture pour la Chine/Taiwan. De la liberté limitée des années 1960, le réalisateur conduit le spectateur à la liberté sous tutelle de 1911, puis à celle sans entrave des années 2000.

La première époque, le temps des amours, est également la plus autobiographique. Elle se déroule à la fin des années soixante avant le basculement de l’âge de l’innocence à celui du désenchantement, dont nous sommes encore prisonniers. Une histoire simple pour un âge simple : un jeune homme rencontre une jeune femme, des regards et des sourires échangés autour d’une table de billard, elle lui plaît, il doit s’en aller, mais il va la retrouver. Une histoire d’amour débute.

Le temps de la liberté. Non pas pour Shu Qi, dont la vie se résume aux quelques pièces de la maison close, mais pour la Chine. Le temps de l’amour et celui de l’histoire ne marche pas de pair : son amant préfère la quitter pour participer à la République chinoise. La liaison a été consommée, mais ne sera jamais menée à son but ultime

La dernière époque, le temps de la jeunesse, est située dans le Taipei des années 2000. Au détour d’un écran noir, le spectateur abandonne le calme et la volupté de la maison close pour s’enfoncer dans la jungle urbaine. De cet écran surgit une moto, où sont embarquées les incarnations contemporaines de Shu Qi et Chang Chen. Le spectateur peut ainsi ressentir presque physiquement l’accélération du rythme de vie entre ces deux époques. A peine, les deux personnages sont-ils apparus sur l’écran qu’Hou Hsiao Hsien les montre faire l’amour, ce qu’il avait jusqu’à présent occulté. Les années 2000 sont celles de la confusion : des sentiments, des sexualités... « Ni passé, ni avenir, juste un présent affamé », écrit Shu Qi à Chang Chen. Cette partie se rapproche de Réflexions de Yao Hung-I, présenté lors du festival des Trois Continents, et réalisé par un ancien assistant de Hou Hsiao Hsien.

Avec ses longs plans séquences langoureux accompagnant le regard de Shu Qi et les corps des personnages, Hou Hsiao Hsien reste fidèle à son style, même si d’une époque à une autre celui-ci connaît certaines variations. Fidèle collaborateur de HHH, le directeur de la photographie, Mark Li Ping Bing, apporte sa touche supplémentaire de grâce : des couleurs pastels de la première époque aux fluorescences froides des néons de Taipei.

Kizushii | 16.05.2006 | Taiwan

Three Times est édité par Océan Films en édition simple. Le supplément le plus conséquent du DVD est constitué d’une interview de 26 minutes d’Hou Hsiao Hsien par les critiques de Positif, Michel Ciment et N.T. Binh. Hou Hsiao Hsien revient en détails sur la genèse du film, les sources de son inspiration, les thèmes traités et le travail avec les acteurs. Les aficionados du couple Hou Hsiao Hsien/Shu Qi pourront opter pour le coffret deux DVD comprenant également Millennium Mambo .

aka 3 Times | Taiwan | 2005 | Un film de Hou Hsiao Hsien | Avec Shu Qi, Chang Chen, Mei Fang, Liao Su-Jen, Di Mei, Shi Chen, Lee Pei-Hsuan
Désirs volés
The Bodyguard
Antiporno
Dernier train pour Busan
Hôtel Singapura
Les Garçons de Fengkuei
Gamera the Brave
City of Life and Death
All Night Long 2
Permanent Nobara
Exilé
Mille et un jours
The Taste of Tea
The Flower Girl
All the Boys Love Mandy Lane
The Housemaid
Backdancers !
Gun Crazy Episode 1 : A Woman from Nowhere
Sex is no laughing matter
Kôji Wakamatsu
Hana to Hebi 3
Intruder
Silk
Paprika
Apart Together
Kill Woman
Kick-Ass
Return of the Living Dead 3
Ranma ½ Chûgoku Nekonron Daikessen ! Okite Yaburi no Gekitô Hen
Torakku Yarô - Otoko Ippiki Momojirô