’Til Madness Do Us Part

Pavillon 36 - j’veux pas être oublié
Pavillon 36 - j’veux pas être enfermé
Pavillon 36 - j’veux pas être oublié
Pavillon 36 - j’veux pas être interné
 [1]

Pensionnaire du Festival des 3 Continents, Wang Bing est reparti de Nantes avec le second prix, la Montgolfière d’argent, le jury ayant préféré la lumière de l’été japonais à la « nuit psychiatrique » chinoise.

’Til Madness Do Us Part a été tourné dans un hôpital psychiatrique de la province chinoise du Yunnan comme il en existe de nombreux autres dans d’autres parties du pays. Les hommes sont logés au troisième étage, la promenade donnant sur le patio est fermée par des grilles, de même que la porte de l’escalier qui y mène. Chaque chambre comprend quatre lits, dont certains sont occupés par deux pensionnaires. Wang Bing filme le morne quotidien de ces hommes (la prise de médicaments et les repas qui ponctuent ces journées, les longs moments passés à fumer assis sur un banc...) et des événements plus rares, comme les visites de certaines familles ou la permission accordée à un pensionnaire. Pendant toute la journée, qu’ils soient récemment arrivés ou là depuis de nombreuses années, ils sont livrés à eux-même, ni véritablement traités, ni maltraités.

Outre la situation de quasi-abandon dans laquelle les internés sont laissés, le plus surprenant dans ’Til Madness Do Us Part est l’apparente absence de violence entre eux. Ils sont la plupart du temps bienveillants les uns envers les autres, partageant à l’occasion de la nourriture apportée par leur famille.

Wang Bing croit fermement à la force de l’image brute. Il s’installe dans une pièce de cet hôpital, dans la promenade... et reste immobile comme un roc en filmant ce qui se passe devant lui, jusqu’à quasiment se fondre dans ce milieu. Son objectif est de capter la réalité en essayant de la perturber le moins possible par sa présence.

Les 227 minutes du film pourront - comme ce fut le cas pour moi - intimider une majorité. Pour autant, le cinéaste chinois sait pertinemment que le spectateur ne pourra pas rester concentré pendant un temps aussi long, son esprit ira à un moment ou un autre vagabonder en dehors de l’écran. Son objectif est de vous immerger dans la réalité qu’il filme, au risque bien évidemment de perdre certains spectateurs au passage. Wang Bing reste aussi fidèle à sa volonté de limiter au maximum le montage, autre facette de sa détermination à présenter sans filtre et sans fard cette réalité. D’autres réalisateurs n’auraient ainsi pas attendu la moitié du film pour montrer la première fois qu’arrive un nouvel interné.

D’où également sa décision de terminer son film sur la même situation que lors des premières images : deux hommes allongés sur un même lit, cachés sous une couverture. Il est venu, il a vu, il a témoigné, mais dans ces lieux la situation n’a pas changé.

Qu’aurait pensé le spectateur s’il avait clos son film sur le patient s’éloignant dans la nuit lors d’une permission ?

Qui sont ces hommes, pourquoi sont-ils enfermés ? Ne comptez pas sur moi pour répondre à ces questions, ce serait trahir l’objectif du réalisateur. Wang Bing patiente bien jusqu’à la disparition de la dernière image pour donner quelques informations sur les raison de leur enfermement. Au spectateur de se forger sa propre opinion via ce qu’il voit et entend pendant ce film.

’Til Madness Do Us Part a été présenté lors de l’édition 2013 du Festival des 3 Continents (Nantes), en compétition officielle, où il a remporté la Montgolfière d’argent.
Remerciements à l’équipe des 3 Continents.

[1Pavillon 36 de l’album Concerto pour détraqués des Bérurier noir. Salut à vous.

aka A la folie - 疯爱 | Chine | 2013 | Un film de Wang Bing| Wang Bing et Liu Xianhui à la caméra
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