Tokarev

Engrenage sans retour dans la violence et la vengeance...

Michio Nishiyumi est un conducteur de bus scolaire pour enfants en bas âge. Il vit une vie paisible avec sa femme Ayako et son jeune fils Takashi. Kei Matsumura, employé d’une imprimerie, est un de leurs voisins. Un matin comme tant d’autres, Michio conduit les enfants à l’école... les rues sont désertes et il est arrêté à un feu rouge. Soudain, un homme masqué et armé fait irruption d’on ne sait où et kidnappe Takashi... Peu de temps après, le couple reçoit une video sur laquelle apparaît leur fils lisant la demande de rançon du ravisseur. Le jour de la remise de la rançon, l’homme décide de repartir avec l’argent et Takashi. Quelques jours plus tard, le corps du petit garçon est retrouvé dans un sac poubelle...

Un jour, alors que Michio visionne la video d’un concours sportif inter-écoles auquel participait son fils, il remarque que Matsumura se trouve dans le public. Michio suspecte donc son voisin, et se rend chez lui. Matsumura ne semble guère étonné, et tire sur Michio... Miraculeusement, ce dernier échappe à la mort. La police va alors lui demander une description du visage de l’homme qui a essayé de le tuer, mais Michio leur donne un faux portrait...

Un an plus tard, Ayako a quitté son mari, et vit désormais avec Matsumura avec lequel elle a eu un enfant. Michio, totalement ravagé, est prêt à laisser exploser sa vengeance...

Tokarev [1] est une bombe ! Quatrième film de l’excellent Junji Sakamoto, réalisateur venant de l’underground cinématographique nippon, qui fût notamment l’assistant de Sôgo Ishii, mais également premier assistant du culte Ryuji (Tôru Kawashima /1983), Tokarev est un pavé dans la mare cinématographique mondiale, tant sa violence psychologique et son nihilisme sont monstrueux...

Lent et pénible ; ce sont les deux adjectifs qui pourraient qualifier Tokarev. Pourquoi ? C’est la question principale que se pose Michio, père privé de l’amour de son fils, et déchu de celui de sa femme... Quels peuvent être les motifs du criminel qui a volé la vie de cet enfant ? Des questions qui, sans réponses, vont faire germer lentement les idées meurtrières d’une vengeance qui devra avoir lieu, peu importe les implications... inextricablement, la mort est le but ultime de cet homme vidé, qui erre tel un zombie dans un monde qui n’est plus le sien...

Junji Sakamoto, génial réalisateur de quarante-huit ans (trente-neuf à l’époque de Tokarev), signe avec ce film certainement l’un des plus noirs qu’il ait mis en scène - il en est également le scénariste. On lui doit une flopée de films, tous plus fameux les uns que les autres, de Dotsuitarunen (1989) son premier long-métrage à K.T. (2002) en passant par le cultissime Tekken (1990), Oute (1991) qui marquait la dernière apparition à l’écran de Tomisaburo Wakayama, Biriken (1996), Orokamono - Kizu Darake no Tenshi (1998) ou encore Kao (2000). Son casting, sans faille, est composé de l’ex-boxeur Takashi Yamato, qui excelle ici dans le rôle de Michio ; on a pu le voir, entre autres, dans trois films de Sakamoto (Dotsuitarunen, Tekken et par la force des choses dans Tokarev), mais également chez Takashi Ishii (Kuro no Tenshi vol.2), ou dans une poignée de direct to video que nous affectionnons tant chez Sancho (XX : Utsukushiki Kemono), dont trois réalisés par Takashi Miike ( !!!), Bodigâdo Kiba, Bodigâdo Kiba - Shura no Mokushiroku 1 & 2... A ses côtés, Yumi Nishiyama, que l’on a vu également chez Takashi Ishii (Gonin 2) et dans le délirant kaiju eiga Daikaijû Tôkyô ni Arawaru (Takeshi Miyasaka). Quant à Matsumura, c’est l’incommensurable Koichi Sato - qui est, je vous le rappelle, le fils du grand Rentaro Mikuni ! - qui lui prête ses traits ; du Mishima de Paul Schrader à K.T., en passant par le fabuleux Gonin (Takashi Ishii) ou le très sympathique Lie Lie Lie (Shun Nakahara), Sato fait partie de ces acteurs géniaux que personne ne connaît dans nos contrées...

Pour en revenir à Tokarev, dont finalement je n’ai que très peu parlé, il fait parti de ces films que l’on n’oublie pas, qu’on le veuille ou non. Dur, éprouvant et triste, Tokarev dégage un désespoir magnifique... vous avez dit chef-d’œuvre ?...

Kuro | 1er.12.2002 | Japon

DVD | Zone 2 | NTSC | Pioneer - Argo Pictures | Format : 1:1:66 - 4/3 | Images : Une colorimétrie étrange (mais voulue) qui donne au film une touche d’onirisme... le pressage est correct. | Son : Un excellent mono, puissant. | Suppléments : le trailer...

Ce DVD ne comporte pas le moindre sous-titre.

[1D’après la célèbre "marque " russe d’armes...

aka Tokarefu | Japon | 1993 | Un film de Junji Sakamoto | Avec Takeshi Yamato, Yumi Nishiyama, Koichi Sato, Masakazu Serizawa, Jun Kunimura, Motomi Makiguchi, Shinsuke Susuki, Ryushi Mizukami, Daichi Ruike
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