Tulpan

Tulpan est la première incursion dans la fiction du documentariste kazakh, Sergey Dvortsevoy. Et celle-ci est sans conteste une réussite. La moisson de prix glanés dans les différents festivals, dont le Prix Un Certain Regard à Cannes, est amplement méritée. Un prix, dont le nom est taillé sur mesure pour ce film car c’est la qualité du regard du cinéaste sur ses personnages et leur environnement qui en fait sa beauté.

Asa est de retour au Kazakhstan après deux ans de service militaire dans la flotte du pacifique russe. L’heure est à la réalisation de son rêve qu’il a dessiné au revers du vaste col de sa veste de marin : il veut posséder une yourte, un troupeau et trouver une femme. Mais celles-ci sont une denrée rare dans ce coin de désert, où les yourtes se compte sur les doigts de la main. Une seule habite à proximité : Tulpan. Mais Asa a un défaut rédhibitoire aux yeux de la belle : ses oreilles sont trop décollées. C’est du moins l’excuse officielle pour se refuser à lui. Le lustre offert comme premier cadeau n’y changera rien. Problème, le responsable agricole local n’acceptera de lui confier un troupeau qu’à la condition qu’il se marie. Arrivera-t-il à la convaincre...

Asa est animé par un rêve de gamin. Cet environnement hostile où meurent mystérieusement les agneaux, à peine sortis du ventre de leur mère, sera son paradis. Contrairement à son ami, Boni, (il fait tourner en boucle Rivers of Babylone de Boney M), conducteur d’un tracteur version Mad Max, et à la récalcitrante élue de son cœur, il ne souhaite pas émigrer. Son manque de compétences agricoles, malgré ce qu’il affirme à son beau-frère, est compensé par son entêtement. Une qualité nécessaire si l’on souhaite survivre dans un tel endroit.

Il paraît que le vent peut rendre fou. Voir Tulpan permettra de mieux comprendre pourquoi grâce à sa bande sonore. Elle contribue autant que les images - on ne voit pas grand-chose dans une tempête de sable - à rendre compte des conditions difficiles dans lesquelles vivent les habitants de la steppe khazakhe.

Sur le plan esthétique, le réalisateur kazakh a trouvé le bon équilibre entre le grain du documentaire et les qualités plastiques d’un film de fiction. Cette réussite m’a semblée d’autant plus éclatante que la bande-annonce du Loup de Nicolas Vanier défilait sur les écrans à l’époque où j’ai vu Tulpan. Elle ressemblait à un assemblage de cartes postales léchées, de chromos, donnant aux images un aspect factice et lisse. Et Dieu sait pourtant que j’aime les belles images.

Les images de Sergey Dvortsevoy sont rugueuses mais belles. Cette fusion harmonieuse entre ces deux registres de cinéma, se retrouve également au niveau de l’ensemble du film. Sa dimension fictionnelle est renforcée par son ancrage documentaire, aboutissant à la création de beaux personnages de cinéma.

La caméra de Sergey Dvortsevoy est flottante (un flottement limite pour ceux qui comme moi sont parfois victimes de mal de mer en salle), toujours à l’affût de l’évènement imprévu qui pourra enrichir la fiction. Que ce soit l’électron libre du film, en la personne du plus jeune des neveux d’Asa chevauchant son manche à balai cheval, ou les différents animaux du lieu.

Tulpan a dernièrement été montré au festival des Trois Continents en 2009, après avoir fait l’objet d’une sortie dans les salles françaises en mars 2009. Il a été édité en DVD en Angleterre par Drakes Avenue Pictures. Mais que font les éditeurs français ?

Kazakhstan | 2008 | Un film de Sergey Dvortsevoy | avec Ondas Besikbasov, Samal Esljamova, Askhat Kuchencherekov et Bereke Turganbayev
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