Twinkle Twinkle Little Star

Une jolie cruche part en quête de bonheur et de vérité, aidée par deux détectives philanthropes dans un joyeux foutoir mêlant science fiction et comédie musicale...

Yi-Tien est un détective qui ne rêve que de gloire. Malheureusement, lui et son associé Lum-Po, ne sont assignés qu’à des tâches bien peu reluisantes, du type récupérer l’argent que de pauvres gens doivent aux prêteurs sur gage. Un beau jour, un homme à qui ils venaient de "rendre visite", est acculé au suicide, par peur de ne pouvoir rembourser sa dette. Yi-Tien, découvre que ce dernier était le père d’une famille de quinze enfants... plein de désillusion quant à sa vie, il décide de se suicider...

Ah-Chen, jolie jeune femme de dix-huit ans, a un gros problème ; partout où elle passe, des catastrophes se produisent. Puis le grand amour frappe à la porte ; il est matérialisé en Kuo, petit bonhomme rondouillard, héritier de l’homme le plus riche de Hong Kong. Tout va bien, jusqu’au jour où Ah-Chen se fait kidnapper par des extra-terrestres. Renvoyée violemment sur Terre, elle perd tout après avoir raconté son histoire qui paraît invraisemblable. Désespérée, elle décide de se supprimer...

Yi-Tien, qui choisi de se faire écraser par un train, rencontre Ah-Chen, également attachée sur les rails... Après avoir discuté, le détective déchu, en grand philanthrope, décide de sauver l’honneur de la jeune femme, et ainsi gagner beaucoup d’argent qu’il pourra redistribuer aux quinze orphelins que l’homme a laissé derrière lui...

Quatre-vingt-dix minutes de pur bonheur cinématographique ! Si les studios Shaw Brothers sont mondialement réputés pour leurs Wu Xia Pian et autres films d’arts martiaux, il ne faut pas oublier que tout un pan de la production de la mythique maison était consacré aux comédies... On connaît la folie des moleitau des années 80 ; des comédies non-sensiques totalement barrées qui ont fait les beaux jours de toute une horde d’acteurs et de réalisateurs, prêts à tout pour arracher un fou rire au spectateur. Il apparaissait donc tout naturel que la Shaw produise la comédie somme de toute une époque, quitte à mélanger les genres en outrepassant toutes les limites cinématographiques existantes. Cette œuvre incommensurable, ce monument du septième art, ce Citizen Kane du burlesque, c’est Twinkle Twinkle Little Star, qui au-delà du simple film, fait aujourd’hui partie de la légende...

Grandiloquence. C’est peut être le mot qui résume le mieux ce véritable ovni filmique, totalement éhonté dans sa mise en scène (avec ses décors démesurés), dont la structure s’apparente plus à un agréable fourre-tout, parodiant à tour de bras les succès américains de la fin des 50’s au début des 80’s ; de Taxi Driver à Star Wars en passant par Sept ans de réflexion et Rencontres du troisième type, le pastiche décalqué y semble être le maître mot... pour notre plus grande joie !

Au niveau des "gags" visuels, les aficionados de Benny Hill et Collaro (vous aussi hein ?!) vont être ravis !... et j’irai même plus loin en disant que l’humour du film est à la limite du génial. Oui, rien que ça ! Accélérations dignes du cinéma muet - musique à l’appui -, entartages "énaurmes" (dans cette séquence, le spectateur averti pourra remarquer un tableau représentant le vagabond de Chaplin), ou encore lors de la présentation d’une "découverte" à la presse, Lum-Po se met à jouer Also Sprach Zarathustra de Strauss au piano ; piano d’ailleurs récurrent... mais ça ce n’est rien car, Hong Kong oblige, les minorités, les "différents", les femmes (la comparaison femmes/objets est à ce titre monumentale... hum !), les enfants... en prennent pour leur grade... Ouille ! ouille ! ouille ! c’est graveleux, de mauvais goût parfois (hé hé hé !!!) et en même temps il se dégage ce petit quelque chose, ce petit n’importe quoi qui possède ce charme indescriptible, propre au cinéma de l’ex-colonie...

Graveleux... mais pourquoi donc ?! S’agit il des désirs (pour ne pas dire fantasmes) de Run Run Shaw, du réalisateur Alex Cheung, ou de toute l’équipe technique ?... je ne sais pas, en tous cas, la pauvre Cherie Chung s’est certainement dit qu’elle était entourée d’une cohorte d’obsédés sexuels, le pantie fetish étant clairement affiché ! Culotte, bas, collants, tout y passe !... mais peut-être suis-je mauvaise langue (enfin je ne m’en plains pas non plus hein !) et que l’un des sponsors du film était une marque de lingerie... ceci expliquerait peut-être cela. Je passerai sur le final, digne de Story of Ricky !... toutes proportions gardées, j’ai un peu tendance à exagérer...

Aahhh... ce Twinkle Twinkle Little Star est vraiment un pur moment de bonheur...

Twinkle, twinkle, little star,
How I wonder what you are.
Up above the world so high,
Like a diamond in the sky.
Twinkle, twinkle, little star,
How I wonder what you are.

A l’affiche donc, de ce joyau cinématographique pour petits et grands, la belle Cherie Chung, qui commença sa carrière trois ans plus tôt dans le premier film réalisé par Johnnie To, The Enigmatic Case, puis qui parcouru le cinéma HK pendant une bonne décennie en tournant dans une cinquantaine de films, notamment aux côtés de réalisateurs aussi fameux que Ann Hui, Tsui Hark, Ringo Lam, John Woo ou encore Stanley Kwan pour ne citer qu’eux... elle stoppe sa carrière en 1991 [1].

Aux côtés de la jolie demoiselle, l’excellent, non l’Exxxxxxcelllllllent Yi Lui, qui offre ici tout son art au service de cette folle histoire (il faut le voir travesti et maquillé à outrance, se battant à l’aide d’un nunchaku laser face à un rip-off de Dark Vador !). Acteur génial, réalisateur de trois films, Yi Lui décéda prématurément d’une maladie cardiaque à l’âge de cinquante-six ans.

Dans le rôle de son acolyte, on retrouve Tam Nim-Nam, homme au physique très... particulier, qui, s’il n’a joué que dans une poignée de films entre la fin des 70’s et la moitié des année 80, n’est autre que le scénariste du cultissime The Club (1981), premier film d’un certain Kirk Wong. Autour d’eux gravitent des comédiens aussi fameux que David Lo ou Lung Tin, sans compter un cameo de luxe signé Tsui Hark en personne !

Empruntant tout autant au cinéma Hollywoodien, qu’aux productions made in Bollywood, tout en restant très hongkongais dans sa structure délirante, Twinkle Twinkle Little Star est une sorte d’apogée cinématographique, un condensé bordélique et jouissif de l’histoire du cinéma, une farce burlesque aux accents tragiques, un film de SF cheap et friqué, un chef-d’œuvre d’éclectisme barré, insolent et plein de bons sentiments... Cette quête du bonheur, ce voyage initiatique aux airs de conte de fée, est un véritable petit bijou filmique, une perle de celluloïd qui se déguste comme un bon vin... vingt ans après, c’est encore meilleur !

Kuro | 4.03.2003 | Hong Kong

DVD | IVL en association avec Celestial Pictures | NTSC | Zone 3 | Format : 1:2.35 (certaines sources parlent d’un film tourné en 1:1.85...) - 4/3 | Images : Un pressage très réussi, pour un master nickel à deux ou trois exceptions. Définition exemplaire, couleurs vives, noirs profonds ; il ne manquait plus que le 16/9 ! | Son : Un 5.1 un peu surfait, qui est centralisé principalement sur les enceintes avant. Au choix Cantonais (VO) ou Mandarin. Dommage que la piste mono d’origine ne soit pas au rendez-vous... | Suppléments : Trailer du film et de The Price of Love (avec Teddy Robin Kwan !!), ainsi que les habituels synopsis, cast & staff bio/filmos, l’affiche originale, des photos d’exploitation, notes de productions,...

Ce DVD comporte des sous-titres optionnels anglais (qui sont parfois sujets à de petits problèmes d’affichages, mais rien de grave), chinois, malaysiens et indonésiens.

VCD | IVL en association avec Celestial Pictures | Au format, avec sous-titre anglais et chinois imposés sur le film.

[1Cf. article Zodiac Killers.

aka Sing Chai Dun Toi | Hong Kong | 1983 | Un film de Alex Cheung Gwok-Ming | Avec James Yi Lui, Cherie Chung Cho-Hung, David Lo Dai-Wai, Leung Tin, Tam Tin-Nam, Lau Yat-Fan, Fung Fung, Cheng Miu, Sai Gwa-Paau, Ha Pin, Hui Ying-Sau, Wong Ching-Ho, Ho Pak-Kwong, Leung Siu-Wa, Wang Han-Chen, Tsui Hark, Alfred Cheung Kin-Ting, Fong Ping
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