Typhoon Club

Shinji Somai utilise le typhon comme une métaphore sur l’adolescence...

Un petit groupe d’adolescents voit sa vie bouleversée par l’arrivée d’un typhon sur leur ville...

...film choc s’il en est, Typhoon Club nous plonge dès ses premières images dans un "autre monde", celui de l’adolescence, qui plus est au Japon. Véritable oeuvre culte au pays des cerisiers en fleurs, il nous raconte les destins de huit adolescents à l’approche d’un typhon, synonyme de mort, peur, chaos, destruction... des thèmes "forts" pour n’importe quel enfant entrant de plein pied dans les méandres de la puberté. Ces enfants se cherchent à différents niveaux ; aussi bien sexuel que social. Ils vivent dans un monde où les adultes ne sont que des fantômes... lorsqu’ils sont présents. Ce cyclone, inévitable, ils vont décider de le narguer de la meilleure façon possible : en vivant. Alors que les quelques jours précédant son approche sont marqués par une tension plus que palpable, les esprits s’échauffent. Ces jeunes, livrés à la mort - tout du moins le pensent-ils -, ne savent pas comment réagir à cette apocalypse qu’ils n’ont jamais rencontrés auparavant... que faire ? Fuir, pleurer, rire, danser... Cet intrus météorologique met en avant le besoin d’affectif ressenti par tous ces jeunes, en proies aux images, pas toujours bonnes, que leurs renvoient les adultes. Homosexualité, violence, travestissement... comment trouver son identité dans ce monde que l’on vient à peine de découvrir ?... Nos jeunes héros vont se retrouver confrontés à eux-mêmes, enfermés dans l’école pendant le déluge. Peu à peu, leurs masques vont tomber pour laisser place à leurs véritables personnalités, ou tout du moins à eux-mêmes et non à des ersatz d’adultes qui fument sans savoir pourquoi et violentent les autres pour se faire respecter... les enfants savent dans leur for intérieur ce qui est juste, même s’ils ont besoin de l’approbation d’un pair, mais c’est le cas pour la majorité des êtres humains. La joie et l’envie de vivre vont l’emporter sur les idées noires et la peur d’affronter l’inconnu, et c’est un véritable groupe, soudé, qui va se créer, tout en laissant place aux individualités le composant. Le typhon est synonyme de destruction, mais qui dit destruction implique - à priori - forcément une reconstruction... solidifiée, consolidée ; c’est l’image employée par Shinji Somai pour représenter cette phase transitoire décisive du passage de l’état d’enfant à celui d’adulte.

Réalisateur fortement apprécié au Japon, Shinji Somai est décédé prématurément à l’age de cinquante-trois ans le neuf septembre dernier. Après avoir débuté en tant qu’assistant réalisateur à la Nikkatsu en 1972, il se "sépare" du glorieux studio trois ans plus tard, et travaille, entre autres, avec le génial Kazuhiko Hasegawa (Seishun no Satsunsha, Taiyô wo Nusunda Otoko), pour finalement devenir l’un des fondateurs, avec ce dernier, de la Director’s Company en 1982. Hormis son magnifique Typhoon Club, on lui doit des films tels Sailor Fuku to Kikanjyu (avec Hiroko Yakushimaru /1981), The Big Catch (1983), Luminous Women (1987), ou plus récemment Kaza-Hana (2000), son dernier film, avec Tadanobu Asano et Kyoko Koizumi. On retrouve au casting de Typhoon Club la jeune Yûki Kudô, découverte dans l’impressionnant Crazy Family (Gyakufunsha Kazoku de Sôgo Ishii) l’année précédente, puis vu à l’étranger, notamment chez Jim Jarmusch aux côtés de Masatoshi Nagase (Mystery Train /1989), et dernièrement dans Picture Bride (Kayo Hatta /1995) ou Snow Falling on Cedars (Scott Hicks /1999).

Poésie allégorique sombre, malgré tout teintée d’espoir, sur le chaos psychologique de l’adolescence, Typhoon Club pose une question essentielle : comment apprécier la vie à sa juste valeur ? La réponse viendra de l’un des enfants, qui dans un élan suicidaire réprobateur et mûrit nous en montrera la fragilité...

DVD | Pioneer | NTSC | Zone 2 | Format : 1:1:66 - 4/3 | Images : Un pressage correcte, mais des niveaux de noirs un peu faiblards... sans plus pour un DVD aussi récent. | Son : Un mono nickel. | Suppléments : Bio/filmo de Shinji Somai, mini-biographies des acteurs principaux, et un petit historique/filmographie chronologique de la Director’s Company.

Malheureusement pas de sous-titres... et là, c’est vraiment dommage.

Typhoon Club a reçu le grand prix du jeune cinéma du 1er Festival du Film International de Tokyo.

aka Taifû Kurabu - Le Club du Typhon | Japon | 1985 | Un film de Shinji Somai | Avec Yûki Kudô, Akiko Aizawa, Ryuko Tendô, Yuka Ônishi, Tomokazu Miura, Toshiyuki Matsunaga, Yuriko Fuchizaki, Yuichi Mikami, Shigeru Benibayashi
Désirs volés
The Bodyguard
Antiporno
Dernier train pour Busan
Hôtel Singapura
Les Garçons de Fengkuei
My Wife is a Gangster 2
Ran
Ran
Naked Of Defenses
Old Boy
Legend of the Mountain
Departures
Lost in Translation
Graine de prostituée
Dream Home
A la verticale de l’été
The President’s Last Bang
Sasori : Joshuu 701 Gou
OneChanbara : The Movie
Metropolitan Police Branch 82 (III)
Sharp Guns
Temptress of a Thousand Faces
The Killer Inside Me
Hana to Hebi 3
Bloody Mallory
Gakidama
Les fleurs de l’enfer
Killer Clans
The Frame
Quatre minutes