Vital

J’avoue que j’avais été assez déçu par Snake of June et j’attendais donc Vital comme une sorte de nouveau départ pour Shinya Tsukamoto. Peut-être à trop attendre d’un film est on forcément déçu, néanmoins il me semble que Vital est loin de représenter ce dont Tsukamoto est capable.

Hiroshi (Tadanobu Asano) est victime d’un accident de voiture qui lui fait perdre la mémoire. Aidé de ses parents, il décide cependant de continuer ses études à la morgue. Là-bas, il ne tarde pas à découvrir qu’il connaît le corps sur lequel il travaille. Peu à peu les éléments de son passé se remettent en place.

Vital est un film qui surprend avant tout par son énorme potentiel, un potentiel que Tsukamoto n’a malheureusement pas su exploiter. Débutant comme du Tsukamoto très classique (thème de l’urbanité, opposition matière inorganique et organique) mais bénéficiant d’un excellent travail esthétique, le film s’épuise assez rapidement et Tsukamoto semble ne plus réussir à donner une cohérence au tout. Très vite, il abandonne les partis pris esthétiques du début et se tourne vers un film à flashbacks sans substance, au scénario dramatiquement creux. Si tout est dit assez vite, le problème est plus dans le traitement de son sujet. L’omniprésence de Tadanobu Asano, peu convaincant voire agaçant, les thèmes existentialistes superficiellement surexploités (souffrance pour se prouver que l’on est vivant) et les interminables dialogues de la seconde partie du film viennent s’ajouter à des scènes à la limite du risible (danses et décor exotique qui nous plongent dans une publicité pour Tahiti Douche).

Bref Tsukamoto s’égare et ne parvient plus à retrouver son chemin. Enchaînant scène inutile sur scène inutile, mettant à jour l’incroyable inconsistance de son scénario, il ne reste pas grand-chose à sauver de ce film raté. Peut-être la musique parvient-elle parfois, surtout dans les premières minutes, à s’ajouter à l’esthétisme léché pour un résultat frôlant l’exercice de style, mais finalement plus intéressant que le vide (sur le fond comme sur le forme) de la suite.

Certes, Tsukamoto retente le coup de l’histoire d’amour violente à la Tokyo Fist, poussant le bouchon un peu plus loin en allant au-delà de la mort, amenant le désir physique de l’autre à un point rarement atteint et faisant de Vital un film nécrophile sans jamais l’être véritablement. Ce tour de force qui aurait gagné à prendre une place plus importante dans le film ne suffit malheureusement à remettre à flot ce dernier. Il en est de même pour le parallèle passionnant entre la recherche de son passé et l’obsession que devient l’autopsie de ce corps.

Avec Vital, il semble que Tsukamoto ait voulu éviter à tout prix de faire un film trop commercial, et affirmer son statut d’auteur tout en essayant de rester abordable voire d’élargir la base de son public. Pour cela, il prend un malin plaisir à brouiller les pistes par la connotation onirique des souvenirs d’Hiroshi, et surtout il refuse obstinément de poursuivre dans des voies qui auraient pu apparaître comme assez logiques (notamment la relation avortée entre Hiroshi et une autre étudiante). Cette dualité fait que le film n’atteint aucun de ses objectifs, autant d’un point de vue commercial que comme film d’auteur. Espérons que sur sa prochaine œuvre, Tsukamoto sache se montrer un peu moins hésitant.

Japon | 2004 | Un film de Shinya Tsukamoto | Avec Tadanobu Asano, Nami Tsukamoto, Kiki
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