Viva Erotica

Début novembre 1996, la presse Hong-Kongaise annonçait à grands renforts de publicité, l’un des films les plus "chauds" de l’industrie locale, avec Leslie Cheung en tête d’affiche...

A-Sing (Cheung), jeune réalisateur au chômage depuis plus d’un an, se voit offrir l’opportunité de tourner un film. Malheureusement pour lui, il s’agit d’un soft-porn. Il se retrouve alors confronté à un terrible dilemme, tourner un porno sans perdre son intégrité artistique...

Prés de cinq ans après ma première vision de Viva Erotica, je décide d’en faire une critique pour SdA... Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il représente à mes yeux tout ce qui fait cet irrésistible charme qu’ont les films Hong-Kongais. La star internationale Leslie Cheug Kwok-Wing (est-il nécessaire de le présenter ?!) y campe donc le rôle d’un réalisateur sans emploi qui doit malgré tout subvenir aux besoins de sa mère, ainsi qu’à ceux de son couple. Aidé de son ami et producteur "sans-le-sou" A-Chung (Lau Kar-Ying - The Chinese Feast, Kitchen), il prend rendez-vous avec un gros ponte de l’industrie locale qui s’avère être un mafieux spécialisé dans les films érotiques... La machine est lancée ; A-Sing devra réaliser un film qui n’a plus rien à voir avec le projet initial dont il avait fait part à cet escroc. Notre jeune réalisateur va alors se trouver tiraillé entre ses aspirations artistiques et le -réel- besoin de gagner sa vie. Soutenu par sa mère et sa compagne May (Karen Mok Man-Wai - Fallen Angels, God of Cookery) il décide de s’y atteler coûte que coûte. Pendant le tournage, les choses ne sont pas aussi simples que prévues ; Le producteur véreux lui impose son "actrice" principale, la jeune et jolie Taïwanaise Mango (Shu Qi). Cette dernière se comportant en diva sur le plateau et l’ambiance générale devenant rapidement invivable, A-Sing décide de réaliser le film sans se soucier de l’aspect qu’il aura à l’arrivée.

Au même moment Derek Yee (Tiens, tiens...), un réalisateur interprété par le toujours très bon Lau Ching-Wan (Full Alert, The Longest Night), se suicide après que son dernier film ait été conspué par le public et la critique. Suite à sa mort, les tabloïds locaux titreront "Disparition de l’un des plus grands réalisateurs...", et son film explosera tous les records du Box-office ! On sent bien entendu le cynisme (désespéré ?) de Yee -le vrai- qui porte un regard acerbe sur l’industrie cinématographique -et sur le public- de l’ex-colonie ; il est lui même en proie à ses propres doutes, puisqu’à travers le personnage joué par Lau, il met en scène son propre suicide...

Après avoir "rencontré" le fantôme du cinéaste défunt, A-Sing se dit qu’il est après tout capable de réaliser un film personnel, et ce, peu importe le sujet. Lui et son équipe -acteurs compris- vont alors tout mettre en œuvre pour faire de Viva Erotica LE film de leur carrière...

Derek Yee Tung-Sing (The Lunatics, C’est la vie mon chéri) réussit un film sincère, pudique et jamais vulgaire. Il aime le cinéma et parvient à nous faire partager sa passion (même si personnellement je n’avais pas besoin de ça). Le choix judicieux du casting y est certainement pour beaucoup ; Tsui Kam-Kong (Wah dans le film) est tout simplement excellent -et même émouvant- dans son propre rôle d’acteur de soft-porn, nous le découvrons sous une facette méconnue (une homme timide, empreint de gentillesse, et père de famille aimant), sans parler de Mango/Shu Qi, qui lorsqu’elle conte son histoire à A-Sing ne peut nous faire croire qu’elle joue un personnage ; Mango est Shu Qi et vice versa.

Viva Erotica est avant tout un -excellent- film sur les rapports humains et sur la difficulté pour un artiste de rester lui-même dans un pays où seuls les blockbusters américains font des entrées. Il est d’ailleurs dans la mouvance de films sortis juste avant la rétrocession, sans pour autant être "triste" et pessimiste, faisant preuve d’un constat pas toujours très complaisant...

Kuro | 26.06.2001 | Hong Kong

Le film existe en LaserDisc, en VCD et en DVD.
Le LaserDisc est à proscrire puisqu’il est (comme tous les Universe) "rot"*.

Le DVD :
Format d’image 1:1:78 - 4/3
Image : Mis à part les quelques défauts de pellicule (ça on commence à être habitué) la compression est assez réussie, et les couleurs vives.
Son : Un 5.1 qui ne mettra pas beaucoup vos enceintes arrières à contribution, mais le film ne s’y prête pas vraiment. Les sous-titres quant à eux cumulent fautes d’orthographe, mauvaises conjugaisons et syntaxe approximative...mais quand on aime...

* Certains éditeurs ont utilisé pour le pressage de leurs LD, une colle de mauvaise qualité qui "rongeait" littéralement le support, entraînant une déperdition progressive de la qualité de l’image se traduisant par de nombreux points blancs et des drops.

Hong Kong | 1996 | Un film de Derek Yee Tung-Sing | Avec Leslie Cheung Kwok-Wing, Karen Mok Man-Wai, Shu Qi, Lau Kar-Ying, Tsui Kam-Kong
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