Welcome to Dongmakgol

Welcome to Dongmakgol s’inscrit dans la tradition du thème du paradis perdu et plus précisément du Sangri-la, popularisé au début du vingtième siècle par le roman Paradis Lointain de James Hilton. Grâce à leur isolement géographique - l’Himalaya pour le roman - des villageois vivent à l’écart des troubles du monde extérieur et ne connaissent ni violence, ni envie... à l’image d’Adam et Eve au jardin d’Eden. Cette thématique a sûrement plu à Frank Capra, qui a adapté le roman en 1937. Sans demander aux spectateurs de retrouver leur esprit boy scout (ce qui est parfois nécessaire pour voir certains films du réalisateur américain), leur âme d’enfant ne devra cependant pas avoir été totalement obscurcie par le cynisme pour pleinement apprécier cette jolie fable coréenne.

Le village de Dongmakgol, dont l’esprit est incarné par une jeune femme au corps d’adulte mais à l’âme d’enfant, vit à l’écart du reste de la Corée et de la violence qui s’y déchaîne lors de la guerre entre le Nord et le Sud. Cette tranquillité va être troublée par l’irruption des protagonistes du conflit : un pilote américain abattu par les redoutables défenseurs de cette contrée, deux soldats de l’armée de la Corée du Nord et deux de celle du Sud. Les vies paisibles de ces paysans et celles de leurs visiteurs ne seront désormais jamais plus comme avant.

Welcome to Dongmakgol esquive l’écueil qui afflige fréquemment les fables humanistes : le débordement de jus de guimauve. Le réalisateur fait ressortir l’humanité des personnages sans pour autant ensevelir le spectateur sous les bons sentiments. Pas besoin de grandes démonstrations, les « invités » des villageois se ridiculisent par leurs comportements, même s’ils sont considérés comme normaux dans le monde extérieur. Le soldat sud coréen se trouve ainsi bien en peine de leur expliquer qu’il ne se bat ni contre les chinois , ni contre les japonais, mais contre « l’armée des fantoches de la Corée du Nord ». Il se contente de répéter les slogans de la propagande, comme son alter ego du Nord.

Le film se déroule lors de la guerre de Corée, mais le réalisateur réserve quelques piques à l’actuelle politique extérieure des Etats-Unis. Les généraux américains sont prêts à bombarder sans discrimination la zone où se trouve le village, même s’ils ne disposent d’aucune information sérieuse sur la réalité de la menace. Toute ressemblance avec des faits réels n’est pas fortuite. Le réalisateur ne se livre pourtant pas à un anti-américanisme à tout crin comme certaines productions récentes. Le résident américain, fut-il pilote de la Navy, sera adopté par les villageois au même titre que ses compagnons de fortune.

Le tempérament querelleur de ces drôles d’oiseaux surprend les villageois. Pourtant, les soldats peuvent bien se menacer avec leurs étranges « bâtons » et « patates », il est quand même bien plus important de s’occuper des ruches du village. Les cinq visiteurs vont progressivement adopter le rythme de vie de Dongmakgol et tisser des liens avec les habitants. Park Gwon-Hyeon montre ces relations avec pudeur, parfois par l’intermédiaire de simples regards, même lors du climax émotionnel du film.

Dans le même ordre d’idée, les personnages ne se transforment pas subitement au contact de ce jardin d’Eden. Les deux officiers ont déjà affiché une part d’humanisme en refusant d’obéir à des ordres contraires à la morale. L’officier du Nord a mis un terme à la politique officielle d’exécuter les blessés et celui du Sud a refusé de faire exploser un pont traversé par des civils. Les deux camps vont classiquement se rapprocher une fois pour toute en triomphant ensemble d’un danger qui les dépasse, mais ils seront auparavant passés par des étapes intermédiaires.

La bonne humeur dans laquelle le film baigne, constitue un de ses principaux atouts. De plus, le réalisateur ne tombe dans l’humour bien gras dont les coréens sont friands (à grand mon bonheur, je l’avoue) et qui, étant donné le sujet, aurait sérieusement plombé l’ensemble. La réussite du film doit beaucoup à l’équilibre d’ensemble que Park Gwon-Hyeon parvient à maintenir. Quel film terriblement gnan-gnan aurait pu être créé sur la base du même scénario, par un metteur en scène sans finesse !

Kizushii | 29.05.2006 | Corée du Sud

Welcome to Dongmakgol est disponible en DVD chez KD MEDIA, dans une édition double DVD, avec des sous-titres en anglais.

Corée du Sud | 2005 | Un film de Park Gwon-Hyeon | Jeong Jae-Young, Shin Ha-Gyun, Kang Hye-Jeong, Steve Taschler, Im Ha-Ryong, Seo Jae-Gyeong
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