Wolf and Sheep

Comme les autres garçons et filles de ce hameau afghan, Qodrat et Sediqa sont chargés d’aller faire paitre les chèvres de leurs familles respectives dans les montagnes. Les garçons s’entraînent avec leur fronde tandis que de leur côté, les filles jouent à la mariée, fument... Ils n’ont pas beaucoup d’autres occupations dans cet endroit reculé de l’Afghanistan où la journée est rythmée par la sortie et le retour des chèvres dans leur abri. Si garçons et filles jouent traditionnellement séparément, Qodrat aide Sediqa, ostracisée par les autres filles, à tresser une corde. La vie de ce hameau, où les anciens du village racontent encore de vieilles légendes, est organisée selon des traditions ancestrales.

Ces enfants ont beau habiter un endroit isolé d’un pays lointain, tant du point de vue géographique que culturel, ils se comportent comme tous les enfants du monde. Ils s’amusent, font des conneries, sont méchants entre eux, s’entraident... Le père de l’un des garçons reproche à son fils de trop jouer avec sa fronde comme un parent français trouverait à redire de la trop grande assiduité de sa progéniture devant la télévision.

Mais ces jeunes afghans ne sont pas seulement des enfants, ils ont aussi des responsabilités d’adultes, les chèvres qu’ils gardent sont en effet parmi les biens les plus précieux de leur famille. L’épisode du colporteur qui troque ses produits contre des œufs, du moins pour ceux qui ont la chance d’en posséder, donne une idée du niveau de développement économique de ce village. Et certains d’entre eux pourraient passer dans l’âge adulte encore plus rapidement. Trois des jeunes filles discutent ainsi à propos de l’âge, six ou neuf ans, auquel la demi-sœur de Qodrat, de retour au hameau, s’est mariée ; âge qui est également le leur...

Des évènements les plus graves aux plus drôles et bénins, la réalisatrice Shahrbanoo Sadat introduit peu à peu les spectateurs à la vie intime de ce village aux habitudes si différentes des leurs. Des conditions de vie naturellement dures qu’elle montre, sans artifice dramatique et sans jamais forcer le trait. Il se dégage de ce film un naturel qui fait toute sa force et son charme.

Certaines scènes de Wolf and Sheep faisaient mouche auprès des quelques personnes d’origine afghane assises près de moi et dont le rire dominait celui des autres spectateurs.

Le parti pris adopté par la réalisatrice s’explique par son passage aux ateliers Varan de Kaboul, qui formaient des documentaristes. Nous avions pu voir des courts métrages réalisés par des Afghans grâce à ces ateliers lors du Festival des trois continents en 2009.

Je me plains régulièrement - et encore certaines de mes diatribes vous sont épargnées - que les films sont bien trop longs, mais j’aurais assisté avec plaisir à la poursuite des aventures ordinaires de ces villageois.

Kizushii | 6.06.2016 | Afghanistan

Wolf and Sheep a été présentée à La quinzaine des réalisateurs de Cannes avant de faire l’objet d’une reprise au Forum des images. Il a obtenu le Prix Art Cinema Award.

Afghanistan | 2016 | Un film de Shahrbanoo Sadat | Avec Ali Khan Ataee, Amina Musavi, Masuma Hussaini, Qodratollah Qadiri, Sahar Karimi, Sediqa Rasuli
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