XX : Beautiful Hunter

Lorsque l’on souhaite se faire un petit plaisir coupable, et s’offrir un bon film d’exploitation japonais, la série des XX : Beautiful... semble toujours s’avérer une excellente solution...

La petite Shion, abandonnée par ses parents devant une mission, est élevée par un prêtre et des bonnes soeurs, un peu en marge de l’Eglise telle qu’on la connait. L’objectif du Père est en effet de faire de la petite fille une Guerrière de Dieu ; c’est pourquoi Shion se retrouve à éxecuter un homme à l’arme à feu avant même d’avoir perdu ses dents de lait. Comme vous pouvez le jugez sur l’une des photos accompagnant cet article, c’est un grand honneur que nous offre Masaru Konuma, puisque le film s’ouvre sur une nonne japonaise de moins de dix ans avec un flingue dans les mains !
Passé le carton de titre, nous voici projetés dix ans plus tard. La petite fille traumatisée par la vue du sang est devenue une bien belle jeune femme (Makiko Kuno), doublée d’une tueuse professionnelle à la solde du mystérieux Père aveugle (Koji Shimizu). Alors que deux journalistes en mal de scoops, Sakuma et Ito (Johnny Okura) surveillent la demeure de l’homme de foi iconoclaste pour tenter de mettre la main sur une info croustillante, ils voient celui-ci monter en voiture avec Shion.
Plus ou moins discrètement, ils prennent la Guerrière de Dieu en filature et se retrouvent à Tama City, à quelques enjambées de la résidence d’un certain Ishizaki, ponte notoire du marché noir local. Shion entre dans la maison et exécute tous ceux qui s’y trouvent sans hésiter ; seule s’échappe une bonne paniquée qui vient trouver refuge dans la voiture conduite par Sakuma. Nos amis journalistes s’empressent de prendre la fuite, mais sont rapidement rattrapés par les criminels. C’est alors que Sakuma fait preuve d’un dévouement démesuré pour obtenir son scoop : il ordonne à Ito de sauter de la voiture pour prendre en photo le Père en situation compromettante. Ce que Ito fixera sur négatif, nénamoins, ne sera ni plus ni moins que l’exécution de la bonne et de son collègue par Shion...

Flippé, Ito cache les photos et les négatifs dans deux casiers différents d’une consigne avant de se débarrasser des clefs ; ce qui n’empêche pas Shion de le retrouver pour l’éxecuter à son tour. Ito supplie la jeune femme de le laisser en vie en échange des photos ; commence alors une étrange relation entre la jeune femme, jusqu’ici vierge mais avide d’une certaine découverte de la vie, et notre journaliste immédiatement amoureux...

Naviguant entre le Pinku Eiga et le film de "Femme Fatale" ultra-classique, Beautiful Hunter nous offre une panoplie de scènes mémorables dans un ensemble pas forcément cohérent, mais tout de même très sympathique. Ici, nous avons avant tout droit à notre lot de nudité et de sexe, le réalisateur Masaru Konuma étant un spécialiste du Pinku (Flowers and Snakes et Wife to be Sacrified - tous deux de 1974) : ça va donc de la scène de baise champètre ridicule à la superbe séquence d’onanisme pratiquée par Makiko Kuno (les deux Oretachi wa tenshi ja nai de Takashi Miike - 1993) avec le canon de son arme, en passant par son étrange rencontre avec Ito dans un bâtiment industriel - rencontre au cours duquel la tueuse passe du rang de dominatrice au rang de manipulée, ses vêtements déchirés par un Ito à genoux...

Mais le plus grand moment du film, c’est sans aucun doute celui offert par l’arrestation de Shion par le Père au bout d’une heure de métrage. Entre alors en scène le personnage de Mitsuko, bourreau vétue de latex interprétée par Maiko Kazama (Rapewoman : midarana nichiyobi - Yasuaki Uegaki, 1981) qui se met en tête de torturer notre héroïne déflorée... Pour se faire, Mitsuko habille Shion d’une combinaison en latex (on l’en remercie) avant de la suspendre, les yeux bandés, devant l’assistance "religieuse". Elle découpe alors sa tenue, révélant ses jambes et l’un de ses seins (c’était bien la peine...), avant de l’arroser... mais où veut-elle en venir ? Tout simplement à une séance de plaisir par électricité, qui passe de la "simple" électrocution au niveau de la poitrine à une masturbation pour le moins énergétique ! Du grand art, à n’en pas douter !

Dans ces moments abusés, comme dans celui où Shion se baigne allégrement dans le sang de son compagnon, Beautiful Hunter s’inscrit dans de l’exploit’ de haut niveau. A plusieurs reprises cependant, il traine un peu trop, et le personnage de Ito, couard et obsédé, nous embête un petit peu. En fait, on voit bien que Konuma est plus à l’aise dans un contexte purement sexuel que dans les quelques séquences d’action ou le développement des personnages - ce qui, pour ce type de film, n’est pas forcément un reproche... Mais l’ensemble reste suffisament pervers et racoleur pour se regarder avec plaisir !

Akatomy | 31.05.2002 | Japon

XX : Beautiful Hunter est disponible en DVD zone 1 chez Asian Pulp Cinema. Le film est présenté en Japonais sous-titré ou en Anglais au choix (attention toutefois, la musique est complètement refaite à la "Hollywood Night" sur la piste anglaise). La copie, plein cadre, est loin d’être belle mais fait tout de même l’affaire, défaut de mieux !
En guise de suppléments, quelques trailers et une galerie de photos.

Japon | 1994 | Un film de Masaru Konuma | Avec Makiko Kuno, Johnny Okura, Katsuo Tokashi, Maiko Kazama, Koji Shimizu
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