XX : Beautiful Weapon + XX : Beautiful Victim

Après un jeu de cache-cache relativement amusant digne de "Tonton Mad vs the Flying Jaquette", je crois bien avoir réussi à me procurer une bonne partie des épisodes de la série XX : Beautiful.... Parfois dissimulés sous des titres tels que Beautiful Sharp ou encore Beautiful Lesbians (ça attire plus de spectateurs, tout de suite), ces films - basés sur l’univers romancé de Arimasa Osawa et précédés d’une réputation certaine - attisaient notre curiosité ; curiosité aujourd’hui (partiellement) satisfaite. Nous commencerons donc notre découverte de cet univers érotique et violent avec les deux premiers épisodes de la série, Beautiful Weapon et Beautiful Victim.

Le premier est adapté d’une histoire intitulée "La femme de l’impasse", et nous présente la triste histoire de l’agent spécial XX - une femme (Masumi Miyazaki) au rôle bien particulier... Assassin et aveugle (comme quoi), celle-ci sert de "sécurité" au trop prudent Yoshi Zawa, homme de main d’un boss mafieux chargé de ses diverses exécutions, et qui fait éliminer ses employés freelance par la demoiselle en cas de coup vraiment risqué - on n’est jamais trop prudent, vous comprenez. Sakagami, tueur/pianiste (ou l’inverse, c’est selon) découvre la supercherie et s’éprend malheureusement de la mante religieuse, qui ne remplit son contrat qu’après une nuit d’amour dans l’obscurité (dure à justifier pour une aveugle)...

Relativement proche des films mais surtout des mangas de Takashi Ishii, ce Beautiful Weapon m’a quelque peu surpris. Contrairement aux autres XX, c’est en effet un film extrêmement sobre et lent - parfois même un peu trop. La réalisation de Gaira (très célèbre au Japon pour son Living Dead in Tokyo Bay) navigue entre le très bon (une scène d’ouverture assez originale se déroulant presque intégralement dans l’obscurité ; mais aussi l’avant-dernière séquence du film, où l’héroïne mérite enfin son surnom de Beautiful Weapon) et le téléfilm à la Hollywood Night (l’interminable scène de baise avec Sakagami, certains échanges entre le tueur et son employeur).

L’intérêt principal du film est simplement ce personnage de tueuse, original, qui aurait finalement pu s’appeler Nami...
Pas foncièrement mauvais, Beautiful Weapon aurait gagné à être raccourci d’un bon tiers de sa durée, histoire de trouver un véritable rythme de narration. Mais le cinéma d’exploitation obéit à un certain nombre de quotas auquel il est très difficile d’échapper ! On ne va pas se plaindre non plus ; le choix de l’actrice principale aurait pu être autrement pire que celui de Masumi Miyazaki (Bebop High-School)... Maintenant, il faut parfois gonfler un moyen-métrage en long-métrage pour pouvoir rentrer dans ses frais... quitte à trop alourdir un sujet dont la qualité principale est d’être simple.

Difficile - vous allez le comprendre - de placer Beautiful Victim sur le même plan que ce prédécesseur sympathique mais mineur ; si on retrouve bien sûr un personnage principal féminin dans une situation "hardcore", ainsi que le cocktail désiré de violence et de sexe, on ne pourrait pas savoir qu’il s’agit ici de la même série s’il n’y avait pas les deux X devant le titre du film... Fini la production à la Derrick, bienvenue à un véritable budget, un casting et des décors conséquents, et surtout un véritable talent de réalisateur derrière la caméra.
L’héroïne de ce Beautiful Victim, c’est Mizuki (Yoko Natsuki), médecin légiste assignée à une affaire de meurtres en série. Cette série, très particulière, a pour victimes de choix des femmes qui mènent une double vie décadente, à savoir secrétaires de jour / prostituées de nuit. Pour Mizuki, rien qui ne perturbe directement son quotidien, jusqu’à ce que l’assassin jette son dévolu sur elle après l’avoir observée sur le lieu de l’un de ses crimes. Commence alors un jeu morbide à coups de messages codés (préservatifs enfoncés dans la gorge de l’une des victimes !) et de tentatives de meurtre avortées ; jeu au cours duquel Mizuki recevra l’aide d’une jeune délinquante dont la meilleure amie fait partie du tableau de chasse du serial-killer, et d’un détective aussi rentre-dedans que maladroit... Mais les supplices sado-maso du tueurs font-ils réellement si peurs que ça à Mizuki ?

Une fois de plus, la première référence qui vient à l’esprit est celle des mangas de Ishii ; et ce dernier n’a, ce coup-ci, aucune raison de refuser la comparaison. D’ailleurs, à plusieurs reprises, Beautiful Victim pourrait aisément être l’un des premiers films du mangaka-réalisateur ; que ce soit dans l’utilisation d’une palette de couleurs très marquée pour les environnements des différents personnages, pour certaines séquences oniriques ou encore l’excellente confrontation entre Mizuki et son adorateur meurtrier (la scène de l’hôpital contient des déplacements très proches d’un manga) - bon nombre d’éléments rappellent effectivement l’univers de Takashi Ishii. Le premier, bien sûr, étant ce rôle féminin ambigu, qui accepte le plaisir offert par le tueur avant de tenter de se débarrasser de lui...

Esthétiquement très intéressant (les séquences de meurtres, la première surtout, sont très jolies), bien rythmé et intégrant avec intelligence les différents niveaux d’exploitation du film (le gore avec les séquence d’autopsie, le sexe à plusieurs reprises mais avec style et parcimonie), XX : Beautiful Victim prolonge sans difficulté notre intérêt pour cette série sévèrement burnée... au féminin !

Akatomy | 22.02.2002 | Japon

XX : Beautiful Weapon est disponible en VCD et DVD chez Asia Video Publishing, avec sous-titres chinois en option.
La copie est en 1.33:1, correcte mais sans plus ; la bande son stéréo très moyenne...

XX : Beautiful Victim est disponible en VCD (avec sous-titres chinois obligatoires) chez RX Video.

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