Zero Woman - Keishichou Zeroka no Onna

Zero Woman version 90’s : 1ère !

Rei travaille dans l’ultra secrète section zéro de la police tokyoïte ; son boulot est simple, puisqu’il consiste à liquider des meurtriers ou des flics ripoux. Elle agit sous les ordres d’un seul homme, Mutô, qu’elle considère à la fois comme son boss et comme le père/mentor qu’elle n’a jamais eu. Un beau jour, Rei, son collègue Oda et son amie Takako sont témoins du délit de fuite d’une voiture noire qui vient de tuer un passant... Oda rattrape le coupable, mais étrangement l’affaire est classée sans suite. Le jeune inspecteur décide de mener l’enquête seul, sans l’approbation de ses supérieurs. Au même moment, dans son appartement, Rei échappe de peu à la mort, après qu’un homme se soit introduit chez elle pour la tuer. La jeune femme décide alors d’aider Oda... à peine arrivée devant chez lui, elle découvre son cadavre baignant dans son sang sur le trottoir. Rei enquête, et se pose des questions sur une étrange femme, Yumi, fille du grand homme d’affaires Ogasawara, adepte de dangereux jeux sadomasochistes...

...vingt-et-un ans après le magnifique et nihiliste Zeroka no Onna - Akai Wappa (Les Menottes Rouges de Yukio Noda /1974), l’alléchante saga des Zero Women adaptée du manga éponyme de Tooru Shinohara (Joshuu Sasori, 82 Bunshou), refait surface sous forme d’un film dans la plus pure tradition des fleurons de l’exploitation cinématographique, l’assimilation de l’imagerie du Genre des 70’s et des 80’s en plus...

Entrons dans le vif du sujet sans tergiversations ! L’intérêt capital de ce premier Zero Woman deuxième cuvée provient essentiellement de la présence de son actrice principale, j’ai nommé Naoko Iijima, comédienne au charme incandescent que l’on retrouvera quelques années plus tard -légèrement plus couverte- dans l’excellentissime Messengers de Yasuo Baba... enfin...« intérêt principal », dans un premier temps, car le film de Kôji Enokido va rapidement se révéler sous un aspect plus « glorifiant » que par la seule plastique de son actrice principale... Tourné en Super-16, Keishichou Zeroka no Onna a bénéficié d’une exploitation en salles -pas une distribution à la Godzilla, soyons d’accord !- lors de sa sortie le 21 Janvier 1995, chose aujourd’hui rare pour ce type de produit, généralement cantonné au seul marché de la vidéo. Dès les premières images, le ton est donné ; Enokido reprend l’univers codifié seventies de ce type de films, qui veut une mise en scène stylisée et des plans travaillés dans les moindres détails, tant au niveau de l’éclairage que de leur construction. La première séquence le fait grave, ça se la pète et c’est le bonheur... puis ça se gâte, et le spectateur a l’impression de se retrouver dans un autre film tant le conventionnel reprend le dessus... soudain, une séquence mettant en scène Rei nous replonge dans un univers visuel qui une fois de plus à de quoi plaire aux aficionados à l’exploit’ les plus difficiles... ah ok !... j’ai compris, Enokido n’a décidé de travailler graphiquement que les scènes dans lesquelles Rei intervient en Zero Woman (la scène « de la douche » est un modèle du genre)... Dès lors, le spectateur averti est en droit de s’attendre à du bon... du moins s’il est patient !

...le principal « problème » de Keishichou Zeroka no Onna provient indubitablement de son rythme, mais une fois habitué -et armé d’un minimum de patience- le spectacle que nous offre Kôji Enokido est plutôt plaisant ! Ouvertement racoleur et sexiste, le film nous plonge dans un univers intégralement composé de clichés... mais à un point tel, que le plaisir dégagé est énorme, voir jubilatoire ! L’imagerie utilisée ici verse dans le déjà-vu éhonté ; lorsque Rei est capturée, elle se retrouve les mains liées en petite culotte, suspendue au beau milieu d’une sorte de souterrain éclairé par une lumière bleue des meilleurs goûts, avec quelques bidons en flamme ci et là, un landau dans un coin de l’image, quelques statues, des crochets... mais la palme revient à son tortionnaire, puisqu’il s’agit... d’un nain ! Dans l’excellent Living in Oblivion (Ca Tourne à Manhattan /1995) de Tom DiCillo, un comédien nain qui se trouve sur le tournage explique au réalisateur qu’il en a marre qu’à chaque fois qu’un metteur en scène veuille rendre une atmosphère bizarre dans son film, il utilise un nain ; qu’à cela ne tienne, Enokido ne se pose pas la question ! Tortionnaire nain en culotte courte et baskets (autant faire les choses jusqu’au bout !) armé d’un épée, adepte du bondage et du fouettage de croupe féminines. Et d’après vous, où se terminera le duel ?...bingo ! dans un gigantesque hangar désaffecté !

Vous l’aurez donc compris, Keishichou Zeroka no Onna n’est pas un chef-d’œuvre... ça c’est indéniable. En revanche, il fait sans aucun doute partie des meilleurs volets de la série aux côtés d’Assasin Lover (avec Kumiko Takeda) et Abunai Gêmu (avec Chieko Shiraori), et renvoie à des années lumières le médiocre Zero Woman 2 (avec Natsuki Ozawa). Lorsqu’en début d’article, j’écrivais que le principal intérêt du film était la jolie Nako Iijima, ce n’était pas faux ! Naoko, première Rei nouvelle génération s’en donne à cœur joie dans l’art de la pose, notamment devant son miroir...à en faire frémir De Niro ! et quelles jambes...

...bref, Keishichou Zeroka no Onna est un must pour les WWG -women with gun- addicts, les autres...il serait peut-être temps de s’y mettre non ?!

Kuro | 22.08.2004 | Japon

DVD (Japon -pas vu) | Beam Entertainment / Maxam | NTSC - Zone 2 | Format : 1:1:66 - 4/3

Ce DVD ne comporte pas le moindre sous-titre.

Existe également en VHS (NTSC) et LaserDisc (NTSC) au Japon.

aka Zero Woman - Keishichô Zeroka no Onna - Zero Ûman - Zero Woman Final Mission | Japon | 1995 | un film de Kôji Enokido | d’après le manga Zeroka no Onna de Tooru Shinohara | avec Naoko Iijima, Tokuma Nishioka, Miho Suzuki, Akira Hamada, Hidehisa Okamoto, Misayo Haruki, Koh Takasugi, Minori Terada, Atsushi Ônita, Toshihiko Hino, Pôru Maki, Shirou Namiki
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