Zero Woman - Red handcuffs

Bon, si vous êtes un fidèle lecteur de SdA et que vous avez l’esprit très large (ce dont je ne me permettrais pas de douter), vous avez sans doute déjà vu apparaître la série de direct-to-video qu’est Zero Woman dans nos pages ; tour à tour incarné par Kumiko Takeda, Chieko Shiratori ou Natsuki Ozawa, le personnage de Rei est aujourd’hui une figure incontournable de la Femme Fatale japonaise déclinée sous toutes les coutures du Z, pour notre plus grand plaisir.
Oui mais à l’origine de cette série ringue à souhait, se cache un monument du cinéma d’exploitation que nous n’hésiterons pas à comparer à l’immortel Female Convict Scorpion de Shunya Ito avec Meiko Kaji (-soupir-) - comme notre ami de DVDRama Abbot, qui a rendu le visionnage de ce film possible (Merci Fred !!!), l’a déjà fait avant nous...

Pas évident de résumer l’histoire de ce film que nous avons vu sans sous-titres, mais je vais tout de même essayer de faire un effort.
Notre Zero Woman est ici incarnée par l’actrice Miki Sugimoto, qui a joué dans des films aux titres aussi suggestifs que Prostitute with Strong Vagina Muscles ( !!! - Onsen suppon geisha - Norifumi Suzuki, 1971). Emprisonnée pour le meurtre d’un homme (que l’on découvre en flashback et qui implique les fameuses "menottes rouges" du titre), Zero va, comme Prisoner Maria de nos jours, servir les fins d’un homme politique peu commode (Tetsuro Tamba), sans doute dans le but de réduire sa peine.
En effet, un criminel sort de prison et reforme d’entrée de jeu son gang de vils chenapans. Ensemble, ils kidnappent la fille de Tetsuro Tamba (qu’ils s’empressent avant tout de violer en groupe), dans l’espoir de récupérer une rançon bien juteuse. Zero est envoyée undercover dans le gang pour tenter d’aider la police à mettre fin à leurs agissements...

Un scénario vraiment classique et proche des direct-to-video de la série qui tombent au rythme de minimum un par an depuis 1995, mais qui se distingue par une mise en scène vraiment époustouflante, qui offre à l’exploitation son plus beau visage : celui d’un cinemascope utilisé de main de maître.

Très proche d’un Pinku Eiga classique - un peu de gore à l’appui - pendant sa première heure, Zeronano onna akai wappa s’orne ensuite d’une parure de western urbain ultra-violent, qui n’est pas sans rappeler certains films de Kinji Fukasaku et de Takashi Miike. Durant la dernière demi-heure du film, les personnages s’affrontent autour de la maison dans laquelle le gang retient sa victime prisonnière ; un isolement qui prend d’ailleurs une allure de La Casa sperduta nel parco (House on the Edge of the Park - Ruggero Deodato, 1980), le bad guy en chef tenant lieu de David Hess (Last House on the Left - Wes Craven , 1972) nippon. Les méchants se déguisent carrément en cowboys avant d’affronter des flics plutôt hardcore au service d’un Tetsuro Tamba excédé (la séance de torture à la torche à propane est excellente), et, pendant près de vingt minutes, tout ce petit monde s’affrontent par revolvers interposés, au milieu de geysers de sang, de flammes et de détritus volants...

Rien que pour ce final survolté incroyable, Zeronano onna akai wappa s’impose comme un chef d’oeuvre du cinéma de genre japonais. Mais la réalisation du film est constante, et de très haut niveau : les cadrages sont exemplaires, le scope poussé dans ses derniers retranchements, même dans les séquences gratuites et perverses. Une débauche technique qui permet au film, comme à Female Convict Scorpion avant lui, de quitter le simple panthéon du cinéma d’exploitation pour rejoindre celui du Cinéma avec un grand C.

Akatomy | 10.06.2002 | Japon

Alors là, rien du tout à ma connaissance, à part un LD aujourd’hui introuvable !
Addendum du 14.07.04 : HK a sorti le film en DVD, avec le premier épisode de la série des Sasori... God bless HK !!!

aka Zeronano onna akai wappa - Les Menottes rouges - Der Tiger von Osaka | Japon | 1975 | Un film de Yukio Noda | Avec Sugimoto Miki, Tamba Tetsuro, Araki Ichirou
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