Zombeak

Evil tastes like chicken.

Alors qu’elle bécote tranquillement Bobby Ray, son petit copain, tout en essuyant les engueulades de Max, son patron, Melissa, serveuse dans un boui-boui minable, se fait enlever par le dénommé Leviathan et ses « enfants » demeurés – Vascara, Gideon et Samual. Mais pourquoi tant de malchance ? Je serais tenté de dire que la grossièreté dégénérée de la jeune femme est raison suffisante, mais la réalité est toute autre, puisque Leviathan profite de cette nuit rare – elle ne survient qu’une fois tous les treize ans – pour tenter d’accomplir un rituel débouchant sur la naissance de l’Antéchrist. Melissa, élue de choix, va donc être engrossée par le grand cornu ; sauf si Bobby Ray, son trigger happy de frangin flic et Max, trop content de pouvoir jouer de la gâchette en dépit de son mépris pour la petite blonde, parviennent à la sauver. S’introduisant dans la demeure délabrée où Melissa s’apprête à recevoir la semence de Satan, hôte du corps de Leviathan grâce à un bête poulet sacrificiel, le trio ne la sauve pas tant qu’ils font juste capoter le rituel. Momentanément privé d’enveloppe charnelle, le diable ne trouve rien de mieux à faire que d’investir le cadavre du poulet, bien décidé à se reproduire coûte que coûte.

Je vous la refais au cas où vous n’auriez pas bien lu : le diable ne trouve rien de mieux à faire que d’investir le cadavre du poulet, bien décidé à se reproduire coûte que coûte.

Vous ne le savez peut-être pas, mais le coup du poulet zombie lubrique, c’est le genre de pitch qui suffit à créer chez moi un enthousiasme parfaitement ridicule ; n’est pourtant pas Poultrygeist qui veut, et si le seul film de Sam Drog ne possède pas de défaut catastrophique, il a peut-être encore moins de qualités véritables. Il y a tout de même une limite au nombre de blagues que peuvent inspirer les fritures écœurantes du Coloner Sanders...

Le hic avec les 72 minutes qui étirent cette idée unique et unique idée, c’est qu’elles sont d’une uniformité hypnotisante, platitude étonnante de vulgarité gratuite dans la bouche d’une blonde, de surjeu de Leviathan et Vascara, de ralentis montage de rednecks armés de fusils à pompe, et j’en passe. De plus, on se tape bien une demi-heure de palabres avant que le poulet fasse son apparition : le travers de cinéastes enthousiastes qui pensent bien faire en dilatant, avec un peu trop de tenue maladroite, un concept pourtant ténu. La réalisation se tient à peu près, mais l’écriture refuse de s’abandonner à la stupidité qui aurait pu valider la démarche ; on se retrouve donc le cul entre deux chaises, épuisés par la recherche du bon mot autant qu’amusés par ce poulet statique, dont on devrait croire qu’il est habité du malin. Tout le monde, devant et derrière la caméra, s’applique avec trop de sérieux, pour créer un décalage qui ne prend jamais.

Pourtant les possibilités étaient bien là, le poulet parvenant même à s’accoupler avec la goth Vascara. Malheureusement, la scène aura lieu hors-champ alors qu’on s’en était fait un idéal crétino-naturaliste. Quant au look de leur engeance, on ne peut qu’être déçu qu’il s’apparente à un Elmer difforme, plutôt qu’à une marionnette chaussette, d’un bébé à tête de poulet par exemple... L’échec paradoxal de Zombeak, trop film et pas assez navet, tient à ce que la vulgarité des dialogues contraste brutalement avec la politesse des images, ce qui n’est jamais le cas chez Lloyd Kaufman, par exemple. Ne fais pas semblant s’il devait, comme le suggère la fin de cette aventure, y avoir une prochaine fois, ami Drog : sois grossier jusqu’au bout !

Akatomy | 8.10.2010 | Hors-Asie

Croyez-moi ou pas, mais Zombeak - qui se traîne, à l’heure où j’écris ces lignes, un improbable rating de 7,1 sur IMDB, sans doute plébiscité par l’équipe du film - est disponible en DVD, notamment en Angleterre, et pour moins cher qu’un poulet rôti !

USA | 2006 | Un film de Sam Drog | Avec Melissa K. Gilbert, Adam Morris, Jason Von Stein, Daryl Wilcher, Tracy Yarkoni, Barry Bishop, JimmyLee Smith, Doug Walker, Susan Waters, Nathan Standridge
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