La Corée au Festival Un État du monde... et du cinéma
imprimer contact
2010
11|01

Le Forum des images organise la deuxième édition d’Un État du monde... et du cinéma, un festival qui se propose d’explorer notre monde contemporain tel que les cinéastes du monde entier le révèlent, à travers une quarantaine de films, des conférences, tables rondes ainsi que des rencontres avec des cinéastes et experts. Dans le cadre de cette deuxième édition, qui se tiendra du 29 janvier au 7 février prochains, une section est entièrement consacrée à la question de l’identité coréenne, autour de dix films (inédits, avant-premières, films de propagande, documentaires, courts métrages), une table ronde et une conférence. Petite présentation.

- La thématique
Fière d’une identité culturelle riche et ancienne, la Corée a pourtant vu celle-ci profondément menacée au cours du 20ème siècle, avec la colonisation japonaise et la guerre qui a déchiré le pays. Au Sud, la présence américaine et l’influence japonaise ont imprégné la culture du peuple. Au Nord, la sévérité du régime communiste a entretenu la fiction d’une identité vidée de son contenu et organisée autour des dirigeants Kim. Au Nord, c’est la pérennité du régime qui est en cause, sa capacité à évoluer et à maintenir ses alliances et son poids militaire. Au Sud, c’est le nouveau défi de l’immigration massive et les problèmes démographiques qui bouleversent son homogénéité ethnique. Tout cela fait de la Corée aujourd’hui l’une des zones du monde dont l’avenir est à la fois le plus incertain et le plus riche de possibilités. Si la question de la division du pays occupe depuis longtemps le cinéma coréen, celle des nouveaux flux migratoires, nouvelle, intéresse la très jeune génération des réalisateurs coréens encore inconnue en Occident. C’est le moment de saisir au vol ce phénomène, d’explorer le jeune cinéma coréen inédit et de découvrir une société en plein bouleversement, dont les valeurs les plus profondes sont mises en cause.

- Une table ronde
« Corée, singulier ou pluriel ? » : tandis que la Corée du Sud se voit secouée par de nouveaux flux migratoires, la Corée du Nord poursuit son ambition idéologique au prix d’une certaine misère : l’évolution respective des deux États repose une nouvelle fois la question de l’identité coréenne. En partenariat avec France Culture. Avec Valérie Gélézeau (géographe spécialiste de la Corée), Alain Delissen (directeur adjoint du centre de recherches sur la Corée, EHESS), Pascal Maurus (directeur du Centre de recherches indépendantes sur la Corée) et Adrien Gombeaud (critique spécialiste du cinéma coréen).
> 6 février à 15h30

- Une conférence
« Hallyu, une vague coréenne » : à partir de la fin des années 90, la puissance de la Corée du Sud s’intensifie aussi grâce à l’engouement inattendu des pays asiatiques voisins pour sa culture de masse (séries TV, musique pop, cinéma...). Décryptage de cet étonnant phénomène, à travers un montage de médias de format court commentés par deux spécialistes, Hong-Mercier Seok-kyeong (maître de conférences) et Olivier Lehmann (journaliste).
> 4 février à 18h15

- Les films

Moranbong, une aventure coréenne de Jean-Claude Bonnardot (France, 1958)
Dans le village de Kaesong, alors que la guerre de Corée éclate, un jeune ouvrier et la fille d’un musicien traditionnel s’aiment. Écrit par Armand Gatti et censuré en France lors de sa sortie, Moranbong, une aventure coréenne est un film rare, teinté d’idéalisme communiste.
> Séance le 30 janvier 18h / présenté par Valérie Gelézeau, géographe spécialiste de la Corée

La Jeune Bouquetière (Kotpanum chonio) de Choe Ik-kyu et Pak Hak (Corée du nord, 1972)
Dans une Corée occupée par les impérialistes japonais, la jeune Koppun vend des fleurs pour gagner de quoi acheter des médicaments pour sa mère malade. Son frère s’est quant à lui engagé dans la résistance dirigée par le leader Kim Il-sung. Un film de belle facture, inédit en France, représentatif de la production nord-coréenne nationaliste des années 70.
> Séances le 31 janvier 15h et le 3 février à 17h30 / présenté par Jérémy Segay, spécialiste du cinéma asiatique

Himalaya (Himalayaeui sonyowa) de Jeon Soo-il (Corée du sud-France, 2009)
Un entrepreneur sud-coréen apporte les cendres d’un travailleur immigré népalais, mort accidentellement sur un chantier, dans son village natal perché sur les hauteurs de l’Himalaya. Le célèbre acteur Choi Min-sik (Old Boy, Ivre de femmes et de peinture) interprète un rôle sur mesure, entre quête existentielle et culpabilité envers la figure de l’étranger.
> Séance le 31 janvier à 20h30, en présence du réalisateur

Intérieur Nord de David Carr-Brown (France, 2001)
Tentative d’incursion dans la société nord-coréenne à travers l’analyse de son cinéma. Le réalisateur cherche à percer la réalité du régime communiste de Kim Jung-il en allant à la rencontre de la population, à Pyongyang, spectatrice d’un cinéma nationaliste façonnant une certaine idée de la coréanité.
> Séance le 30 janvier à 20h30

Bandhobi de Shin Dong-il (Corée du sud, 2008)
À Séoul, Min-Suh, une lycéenne solitaire, rencontre Karim, un jeune travailleur immigré bangladeshi. Racisme, conditions de travail des étrangers, inégalités Nord-Sud, Bandhobi détourne le genre de la comédie romantique pour nous livrer un décryptage sévère de la Corée du Sud contemporaine, confrontée à l’immigration et incapable de s’y adapter. Un film récompensé par la Mongolfière d’Or 2009 au festival des Trois Continents de Nantes.
> Séance le 5 février à 19h30 / en présence du réalisateur

La Vallée de Pia (Piakol) de Lee Kang-cheon (Corée du Sud, 1955)
Pendant la guerre de Corée, un groupe de guérilleros du Nord, mené par le cruel capitaine Agari, arpente les montagnes à la recherche de l’ennemi, pille les villages et exécute les familles. Réalisé juste après le cessez-le-feu, en 1953, ce film sud-coréen a suscité à sa sortie une polémique sur l’anticommunisme.
> Séances le 2 février à 18h et le 7 février à 16h30 / présenté par Jérémy Segay, spécialiste du cinéma asiatique

Hello Stranger de Kim Dong-hyun (Corée du Sud, 2007)
Un Nord-Coréen se rend à Séoul dans le cadre d’une opération migratoire soutenue par le gouvernement sud-coréen. Sur place, il rencontre une réfugiée nord-coréenne chauffeur de taxi et un travailleur clandestin vietnamien venu en Corée pour retrouver sa fiancée, mariée à un paysan sud-coréen. Portrait d’une Corée du Sud peu accueillante vis-à-vis des étrangers.
> Séance le 5 février à 16h30

If You Were Me La série If You Were Me, réalisée à l’initiative de la Commission coréenne des Droits de l’homme pour dénoncer les nombreuses formes de discrimination présentes en Corée du Sud, est constituée de plusieurs courts métrages réalisés par des cinéastes sud-coréens. Sélection de cinq d’entre eux évoquant la question de l’immigration.
> Séance le 4 février à 16h30

Land of Scarecrows (Heosuabideuleui ddang) de Roh Gyeong-tae (Corée du Sud, France, 2009)
Sombre poème visuel sur l’industrialisation de la Corée du Sud et la question de l’identité, à travers l’itinéraire de trois personnages à la recherche d’une vie meilleure. Le réalisateur du Dernier repas poursuit sa critique acerbe de la société sud-coréenne, évoquant cette fois la question du mariage mixte, de l’adoption et de l’immigration, entre Corée du Sud et Philippines.
> Séance le 6 février à 17h45 / en présence du réalisateur

Programmation détaillée sur le site internet du Forum des images : http://www.forumdesimages.fr/fdi/Festivals-Evenements/Un-etat-du-monde-et-du-cinema

Recherche avancée
Tous les articles
AddThis Feed Button