Guinea Pig 2 : Flowers of Flesh and Blood

Pornographie. n.f. [Description de choses obscènes...]

Un jeune femme marche dans la rue. Un homme la suit, l’assaille et l’endort à l’aide de chloroforme. Lorsqu’elle reprend ses esprits, elle est attachée sur un vieux lit dans une pièce lugubre. Un homme au teint blafard portant un casque de samurai apparaît soudain hors de l’ombre...

Avant d’entrer de plein pied dans la pornographie "sexuelle" avec le film Bijin Onna Deka - Migawariryoujokusousa (Beauty Female Detective avec la charmante(!) Akira Watase) - bientôt sur Sancho -, voici un film d’une violence rare et insoupçonnée...

...en 1985, l’artiste/mangaka/réalisateur Hideshi Hino (Manhoru no Naka no Ningyo /Mermaid in a Manhole) reçut un paquet envoyé par l’un de ses fans ; il contenait un film en 8mm, cinquante-quatre photographies et une lettre de dix-neuf pages. Cette lettre parlait d’un crime atroce, en en expliquant les moindres détails de la manière la plus morbide qui fut... Après avoir visionné le film, Hino décida d’aller voir la police, leur fournissant les preuves qu’il avait reçu. Le "film" en lui-même, montrait un homme portant un casque de samurai qui y droguait une femme, puis la démembrait tout en expliquant à la caméra que ce qu’il faisait là était beau... son chef-d’œuvre en somme...

Oubliez tout de suite les Cat III les pires que vous ayiez vus ou dont vous avez entendu parler ! Untold Story ? un film pour fillettes !... All Night Long 2 ? laissez moi rire !... Ce Chiniku no Hana est à mille lieues de vos cauchemars les plus atroces, avec ses quarante-cinq minutes de barbarie non stop, trois quart-d’heure de l’agonie d’une femme livrée à un malade se considérant comme un artiste !... On peut comprendre qu’en visionnant la bande qu’il reçut, Hideshi Hino fut traumatisé au point d’en tourner une adaptation, sorte d’exutoire après la vision d’un spectacle morbide qu’il voulut faire partager, ne se complaisant certainement pas dans sa position de spectateur "privilégié"... mais en tournant cet épisode de la série des Guinea Pig, ne se complait-il pas lui-même dans un rôle de bourreau, mettant le spectateur/otage - consentant - dans une situation inconfortable ?... Hino nous dépeint de la manière la plus radicale qui soit, les tréfonds de l’âme humaine, dans ce qu’elle a de plus sombre...

...le "héros" de Chiniku no Hana est un écorché, un artiste "incompris" qui ne souhaite finalement qu’une chose, réaliser l’œuvre parfaite, l’œuvre ultime, un chef-d’œuvre de perfection. Les psychologues qui se sont penchés sur l’homme dont s’inspire ouvertement le personnage du film, ont tiré les conclusions qu’il était amoureux de ses victimes, et qu’il les respectait, manipulant leurs membres découpés avec "amour"... les faisant ainsi passer du statut d’être humain imparfait à celui d’œuvre immortelle en dehors de notre réalité.

...les réjouissances prévues par notre would be samurai un tantinet psychopathe sont finalement assez simples ( !) ; il commence par couper une main de sa victime, puis la seconde, avant de s’attaquer au bras entier... ce qui nous vaut une magnifique scène de "pétage" de clavicule (c’est que c’est résistant ces choses là !) au burin - rien que ça ! Puis c’est au tour des jambes de la jeune femme d’être découpées... mais le meilleur reste à venir... une éventration et un "enlevage" d’organes de toute beauté... et vive le boudin ! Je passe sur le passage le plus sympathique, où notre amoureux de l’art conceptuel retire les yeux de son modèle à l’aide d’une petite cuillère... Miam !

Bon, le plus inquiétant dans tout ça est que Chiniku no Hana est tiré de faits réels... Aujourd’hui, soit dix-huit ans après les faits, la police nippone n’a toujours pas retrouver les coupables (l’homme filmé et son associé(e) qui tenait la caméra), et n’a jamais réussi à identifier les pauvres jeunes femmes victimes du détraqué... Véritable expérience "cinématographique" unique en son genre, Chiniku no Hana s’attache donc à nous dépeindre la vision d’un homme à la recherche de la perfection, enfermé dans sa solitude névropathe, qui conçoit le meurtre le plus horrible comme un acte de création mêlé à l’acte amoureux... bref - et pour une fois ! - Guinea Pig 2, c’est pas l’bonheur !

PS : Pour la petite histoire, l’acteur américain Charlie Sheen tomba sur le film et y crut tellement, qu’il envoya un copie au F.B.I. qui ne manqua pas de mener une enquête... sans résultat évidement !

NdKuro : Merci à Unearthed Films pour la plupart des informations ayant attrait au fait divers dont est tiré Chiniku no Hana.

Kuro | 3.06.2003 | Japon, Pour adultes

DVD (Bootleg) | Mad Vision | NTSC | All Zone | Format : 1:1:33 - 4/3 | Images : Master video de piètre qualité... pressage sans réel problème. | Son : Stéréo... | Suppléments : Trailer de Akuma no Jikken, et le point fort du DVD, Meikingu Obu Za Ginî Piggu (Making of the Guinea Pig) un excellent et sympathique documentaire de 43 minutes qui réduit à néant l’état nauséeux dans lequel nous avait plongé le film !... pour le coup, là oui c’est l’bonheur ! Ouf !

DVD (USA-pas vu) | Unearthed Films | NTSC | All Zone | Format : 1:1:33 - 4/3 | Suppléments : 6 trailers, galerie de photos, le manga original (Akai Hana), interview de Hideshi Hino, et le même making of... DVD remasterisé d’après le master original.

aka Ginî Piggu 3 - Chiniku no Hana - Flower of Flesh and Blood | Japon | 1985 | Un film de Hideshi Hino | Avec Hiroshi Tamura et Kirara Yûgao
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