Christmas in August

Un an avant Tell Me Something, Christmas in August avait déjà réuni Han Seok-Guy et Shim Eun-Ha - mais de façon bien différente. Même s’il est aussi question, ici, de ne pas tout dire à son prochain...

Jeong-Won, la trentaine, possède un petit studio de photographe à l’extérieur de Séoul. Sa vie, paisible au point d’en être banale, est rythmée par celle de ses clients : de jeunes garçons qui souhaitent un agrandissement de leur photo de classe pour voir les élues de leur cœur de plus près, des familles qui viennent en groupe faire des photos souvenirs, quelques retouches... rien de bien extraordinaire. Seul ombre à ce tableau lumineux juste ce qu’il faut : Jeong-Won est malade. Tellement, qu’il ne lui reste plus que quelques jours à vivre. Il ne sait pas exactement combien, mais il le susurre à l’oreille d’un ami d’enfance, un soir de beuverie, comme si c’était une blague... Cet équilibre lui convient jusqu’au jour où Da-Rim, une jeune "pervenche" locale, vient lui demander des agrandissements. Les deux deviennent de plus en plus proches, et Da-Rim attend que Jeong-Won fasse un pas plus décisif vers elle...

A première vue, on pourrait s’attendre à ce que Christmas in August ne soit qu’un mélodrame larmoyant. Mais c’est sans compter sur l’intelligence du réalisateur et la force subtile de l’interprétation. En effet, il n’est jamais question au cours du film de forcer la sympathie pour le héros. Sa maladie est maintenue dans l’ombre avec beaucoup de pudeur (à tel point, d’ailleurs, que l’on ne sait jamais de quoi Jeong-Won souffre) pour s’attarder sur la difficulté du choix de ses derniers jours - à savoir : vivre comme si de rien n’était, mais sans laisser personne entrer réellement dans sa vie.

Si le film est autant réussi, c’est avant tout grâce aux qualités incroyables des deux acteurs principaux. Han Seok-Gyu réussit à faire passer sa candeur simulée pour de la gentillesse sans jamais faire disparaître complètement sa souffrance, et Shim Eun-Ha joue à merveille la jeune femme qui croit pouvoir dissimuler l’amour naissant - ainsi que la déception qui l’accompagne rapidement - derrière une façade d’insolence et d’insouciance. Grâce à eux, Christmas in August est un film mélancolique qui s’éloigne superbement des mélos grossiers à la Philadelphia, en parvenant à faire ressentir un sentiment plus fort que de la simple tristesse ou de la pitié, ou même les deux réunis : la nostalgie d’un moment entrevu, perdu dans un avenir impossible.

Akatomy | 5.06.2001 | Corée du Sud

Il existe deux éditions DVD de Christmas in August. L’édition coréenne est plein cadre et ne nous intéresse par conséquent que très moyennement. L’édition HK présente le film dans son format d’origine, bien que la copie ne soit pas anamorphique. Dans l’ensemble, l’image est assez propre, même si les couleurs manquent un peu d’éclat. La bande-son 5.1 est plutôt discrète, mais bon, c’est pas Armageddon non plus. Quant aux sous-titres anglais, ils sont au-dessus de la moyenne HK. Donc tout ça convient parfaitement, ma foi !

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