Free and Easy

Escrocs mais pas trop.

Dans une ville au nord de la Chine au sortir de l’hiver, un VRP spécialisé dans les savons débarque avec une valise remplie d’échantillons. Mais les savons ne sont pas aussi anodins qu’ils paraissent. Dans le même temps, un moine bouddhiste cherche à vendre des amulettes en essayant de susciter la pitié : son monastère a été détruit dans un incendie. Un habitant se demande qui lui vole les arbres, qu’il est chargé de surveiller. Un de ses voisins, un jeune chrétien, colle des avis de recherche pour retrouver sa mère. 

Jun Geng introduit ces personnages un par un, organisant son film sous la forme de vignettes, qui se transformeront progressivement en tableau global. Dans la société décrite dans Free and Easy, il existe deux sortes de gens : ceux qui cherchent sans trouver et ceux qui essayent d’arnaquer leurs concitoyens avec plus ou moins de succès. 

Ceux qui se croient les plus malins et les plus forts ne s’en sortent pas mieux pour autant. Ils trouvent toujours plus forts qu’eux-mêmes : les détrousseurs sont détroussés à leur tour. Le faux représentant a beau posséder un pistolet, qui effraiera le professeur d’art martiaux, il ne fera pas le poids devant les deux fils de la paysanne qu’il tentera ensuite de voler.

Les policiers s’escriment sans succès à retrouver le coupable des agressions. Le défenseur de l’environnement n’aura jamais la moindre idée de l’identité de son voleur d’arbres.

Parmi ces personnages, seul le jeune chrétien se distingue par une certaine innocence et sa sincérité. Il bénéficie clairement de la sympathie du cinéaste : un rhume lui évite de tomber dans le piège du VRP et sa gentillesse provoque une crise de conscience de la part du faux moine.

La petite ville de Free and Easy a des airs de famille avec celle de Winter vacation de Li Hongqi - les deux artistes se connaissent d’ailleurs bien - et elle est sans doute similaire à des centaines d’autres dans l’hinterland chinois. Les deux réalisations partagent également un sens du cadrage des plus sûrs, et une photographie qui contribue à transcender les lieux, sans pour autant trop les enjoliver. 

Dans leur volonté de présenter une certaine Chine d’aujourd’hui, il se dégage de Free and Easy et Winter Vacation une même ambiance.
Le village vide et désolé est l’illustration visuelle du délabrement moral de la société et des hommes.

Le caractère morne de la vie dans ce lieu est relevé par un humour absurde, Jun Geng jouant souvent avec le hors-champ. Dans une telle société, l’absurde devient la nouvelle réalité.

Kizushii | 2.04.2020 | Chine

Free and Easy est disponible en version collector dans un combo Blu-ray/DVD chez Spectrum Films : https://www.spectrumfilms.fr
Remerciements à l’éditeur.

aka 轻松+愉快 | Chine | 2016 | Un film de Jun Geng | Avec Xu Gang, Zhang Zhiyong, Xue Baohe, Gu Benbin, Zhang Xun, Yuan Liguo
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