Furtif

Top Gun était, à son époque, une sorte de grosse pub gerbante vantant les mérites de l’US Air Force et combien c’était cool d’être un pilote. On avait alors les nanas, les avions et l’adrénaline en injection matinale, avant l’entraînement au pied de son F-16. La mécanique était parfaite mais se bornait à n’être qu’une gigantesque pub pour l’armée US. Furtif reprend la démarche en la pervertissant encore plus profondément. Car non content d’être un mauvais remake de Top Gun mis au goût du jour, le film se paye le luxe d’être gerbant sur les idées qui traînent dans le fond de son scénario.

Les blockbusters US sont tous plus ou moins construits sur le même modèle, certains la jouant pourtant plus fine que d’autres. Seulement voilà, il y a les autres : ceux qui, à jamais marqués par les événements du 11 septembre, ont décidé de modeler une histoire qui, quoi qu’il arrive, montrera les Etats-Unis disposant d’une armée capable de lutter contre ces enc* !?& de terroristes où que ce soit dans le monde. Pas la peine d’y aller par quatre chemins, la nausée peut rapidement vous prendre face à l’arrogance et la connerie que Furtif déballe à tous les étages. Provoquer une catastrophe nucléaire sur des alliés politiques... pfff on s’en fout, on dira qu’un de ces cons de terroristes a glissé sur une de ses ogives nucléaires, « dixit le dialogue originel du film », manquer de déclencher la Troisème Guerre Mondiale en attaquant la Corée du Nord et en flinguant des dizaines de soldats pour aller rechercher sa nana qui s’est écraséé là bas.

Furtif est une aberration cinématographique, politique et idéologique. Si seulement un second degré salutaire venait éclaircir le torrent de connerie de ce film on serait sauvé, mais il n’en sera rien. Non content d’être arrogant et mal branlé au niveau du scénario, ce dernier se prend de surcroît grave au sérieux. La quatrième dimension de la connerie a été atteinte avec ce film. Même Pearl Harbor, sorte de peine capitale cinématographique, ne réussit pas à égaler le degré de bêtise de Furtif. Mais bon sur les 90% de nausée ou de haut le cœur, il reste quelques petits coins de frais. Ceux où l’on se plait à respirer. L’un d’entre eux concerne les apparitions de Jessica Biel. Elle n’est pas crédible dans son rôle, elle ne joue pas forcément bien, mais qu’est ce qu’elle est belle ! Vient ensuite Jaimie Foxx. Il faut savoir que Furtif a été fait avant Collateral et Ray. On en vient donc à être peiné pour l’acteur que ce genre de bouse vienne entacher les galons qu’il a si chèrement décrochés. Mais malgré tout et en dépit de la petitesse de son rôle, il a la classe et dégage plus de présence que l’espèce d’endive qui hérite du rôle de héros. On ne va même pas s’appesantir sur lui car ça serait tirer sur une ambulance, mais ceux qui ont vu Hulk savent de quoi Josh Lucas est capable quand il surjoue.

Mais venons en à la seule bonne chose du film, le seul moment oà celui-ci décolle, à savoir dès que les avions prennent l’air. 35 millions engloutis dans les effets spéciaux et pour une fois ca se voit. Les scènes d’action, ne serait-ce que d’un point de vue technique, sont réussies, et on ne peut s’empêcher de les admirer sous toutes les coutures, ces avions. Là où il filmait les voitures de The Fast and the Furious avec une léthargie digne d’un épisode de Derrick, Rob Cohen se lâche ici et nous offre les seuls moments intéressants du film. A ce titre la bataille entre l’EDI, son ailier et les avions russes est peut-être le meilleur moment du film. C’est bien là qu’est le problème : Furtif ne vaut que par la réussite éclatante de ses effets spéciaux. Le reste est à l’avenant et symptomatique d’un cinéma US post 9/11. Si vous avez deux heures à perdre, Furtif est le candidat idéal.

Marcus Burnett | 29.08.2005 | Hors-Asie

Furtif est encore en salles, malheureusement...

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