Sancho does Asia, cinémas d'Asie et d'ailleurs
Philippines | Udine Far East Film 2005 | Rencontres

Joyce Bernal

"Aux Philippines, ce sont les hommes qui travaillent, ils peuvent donc amener les femmes au cinéma."

Petit bout de femme plein d’humour, Joyce Bernal, venue à Udine présenter sa comédie Mr Suave, nous donne un aperçu du fonctionnement de l’industrie du cinéma aux Philippines.

Sancho : Pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

Hello, je m’appelle Joyce Bernal ! J’ai suivi des cours de cinéma à l’université des Philippines, et dans ce cadre j’ai fait un stage en post-production. Je m’y suis bien plu et j’ai ensuite été recrutée comme monteuse. A ce poste, vous rencontrez le réalisateur et le producteur, ce qui m’a amené à la réalisation. Mon premier film a été une comédie romantique. Et comme il a rapporté de l’argent, on m’a proposé de tourner des comédies et des comédies romantiques. Au total, j’ai réalisé 12 films, dont un film d’action, mais ce genre n’a plus la côte aux Philippines.

Est-ce que Mr Suave est une comédie typique des Philippines ?

Oui, très typique. Depuis le collège, je vois ce type de film à la télévision. Bien sûr, il y a un homme et une femme qui tombent amoureux, mais il comprend aussi des scènes dansées et chantées. Ces films ressemblent beaucoup aux productions indiennes.

Votre film est l’adaptation d’une chanson, est-ce une pratique courante aux Philippines ?

Oui, d’ailleurs j’ai déjà adapté deux chansons en films. Mr Suave a été un hit en septembre et les producteurs ont décidé d’en faire un film en octobre. Nous avons commencé la pré-production à cette époque, puis le film a été tourné pour une sortie en novembre. Normalement un film est tourné en 22 ou 23 jours, et terminé en 3 mois. Sur celui-ci, tout a été bouclé en un mois et demi. Au début, nous avions le temps de blaguer entre nous. Mais à partir de la moitié du tournage, nous avons dormi sur le plateau. Notre scénario n’était pas assez bon, car il n’avait pas été conçu pour Mr Suave, mais pour un autre film. Nous avons donc dû transformer le personnage principal en Mr Suave. Quant aux acteurs qui jouent ses amis, ils ont gagné un concours pour devenir comédien. C’est pour cette seule raison qu’ils sont dans le film. Je n’ai pas aimé cette expérience. Finalement, après le succès de Mr Suave, les producteurs ont voulu que je fasse un autre film avec le même acteur, mais j’ai refusé.

Pour quelle audience est destiné ce film qui se moque du machisme philippin ?

Le film a été conçu pour une audience masculine, car les hommes aiment les comédies et les films d’actions, mais ces derniers n’ont plus de succès. De plus, aux Philippines, ce sont les hommes qui travaillent, ils peuvent donc amener les femmes au cinéma.

Quelle touche personnelle avez-vous apporté à ce film ?

Je ne sais pas si elle présente dans le film, car mes idées ont été coupées par les producteurs. J’ai ce problème depuis le début de ma carrière, car j’ai un humour grivois. Et pourtant, je ne sais pas pourquoi je ne suis recrutée que pour des films à destination du grand public. En ce qui concerne les comédies, les meilleures idées sont trouvées sur le plateau. Ainsi, une grande partie des dialogues de Mr Suave a été modifiée, et les acteurs y ont contribué à hauteur de 50%. Nous étions sur la même longueur d’ondes. Normalement, cela ne se passe pas comme cela. Si on souhaite faire des changements, il faut demander au producteur, mais pour Mr Suave nous n’avions pas le temps, même pas celui de demander l’autorisation aux scénaristes.

Si vous disposiez d’une liberté totale, quel type de film réaliseriez-vous ?

Je voudrais mettre en scène une histoire d’amour, mais avec des scènes osées. Pour moi, le sexe et l’amour sont deux choses inséparables.

Remerciement à l’ensemble de l’équipe du Far East Film Festival d’Udine pour la qualité de son accueil et de la programmation.

- Article paru le jeudi 8 septembre 2005

signé Kizushii

Japon

Campaign 2

Chine

The Vanishing Spring Light

Japon

Tel père, tel fils

Corée du Sud

Sa-kwa

Hors-Asie

The Irishman

Inde

Devdas

articles récents

Hors-Asie

Laurent Garnier : Off the Record

Japon

Gun Woman

Japon

Bloody Chainsaw Girl

Japon

One Cut of the Dead

Japon

Why Don’t You Play in Hell ?

Mukuro Trilogy