Slang

On connaît certainement plus Hitoshi Ozawa que son petit frère Kazuyoshi. Pourtant avec un film aussi sympathique que Slang, il prouve sans détour qu’il peut être au moins aussi doué que son grand frère, même si l’on peut douter qu’il soit aussi bon acteur. Car comme cela semble être de famille chez les Ozawa, on aime être à la fois réalisateur et acteur principal.

Tourné un an avant The City of Lost Souls de Takashi Miike, Slang en est assez proche par de nombreux aspects. Recherché par toutes les polices du Japon, XX va rencontrer une jeune chinoise sur le point de subir un mariage forcé. Ensemble, ils vont vivre de truculentes et mouvementées aventures.

Pour situer plus précisément Slang, il faut imaginer un mélange de Shark Skin Man and Peach Hip Girl, The City of Lost Souls et toute une pléthore de films de yakusa un tant soit peu violents (l’ombre de Miike plane également lors du final). Ce mélange accouche d’un film certes sans grandes surprises mais très sympathique, à base bien sûr de violence et d’humour.

Evidemment, on trouve parmi les ingrédients, des méchants vraiment méchants mais super cools, un héros énigmatique traumatisé pendant son enfance, une jeune vierge (on le devine) qui se révèle une as du kung-fu (forcément, elle est chinoise), le tout parfaitement enrobé par un montage dynamique avec son lot de petits traits humoristiques ma foi fort agréables.

Evidemment, il ne faut pas être trop exigeant sur la profondeur psychologique des personnages, qui font plus attention à leur attitude (il s’agit d’être cool, et surtout le plus cool possible) et leur image qu’autre chose (le héros en faisant dans ce domaine, bien plus que trop).

Evidemment une couche de romantisme donnant lieu aux quelques moments soporifiques du film vient se poser sur l’ensemble.

Evidemment, on vit dans un monde où tout le monde a un flingue à portée de main, où les femmes aiment les hommes machos et où il y a toujours un ami prêt à se porter volontaire quand il faut bien trouver quelqu’un à tuer pour tirer sur la corde sentimentale, et où même quand on est un héros, la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Evidemment, outre quelques inévitables longueurs, on nous sert du symbolisme pas métaphorique pour un sou, et on a vite fait de tomber dans la lourdeur pathologique à la moindre tentative esthétisante.

Mais finalement, il n’y a pas d’autres raisons que ces "évidemment" pour visionner un film tel que Slang. Et devant un film de divertissement aussi bien fait et visiblement sincère, on aurait bien tort de bouder son plaisir. On a vite fait de pardonner les petites longueurs, qui, après tout, ne nous font que mieux apprécier les passages d’action. De là à dire que tout cela est fait exprès...

Zeni | 17.03.2004 | Japon

Slang est disponible en VHS au Japon.

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