Sancho does Asia, cinémas d'Asie et d'ailleurs
Japon

Super Express 109

aka 新幹線大爆破 - Shinkansen daibakuha | Japon | 1975 | Un film de Jun’ya Satō | Avec Ken Takakura, Sonny Chiba, Kei Yamamoto, Eiji Gō, Ken Utsui, Tetsurō Tanba, Takashi Shimura

Super Express 109 est la réponse des studios japonais à la mode des films catastrophes dans les années 70 aux États-Unis : Airport, L’Aventure du Poséidon, 747 en péril

1500 passagers ont embarqué à bord du Shinkansen, qui relie Tokyo à Hakata. Peu après son départ, les chemins de fer japonais reçoivent l’appel d’un homme avertissant avoir placé une bombe à son bord et exigeant 5 millions de dollars de rançon. La situation est périlleuse : l’engin explosif sera automatiquement déclenché si la vitesse du train descend en dessous de 80 km/h. Les forces de police se mobilisent pour retrouver les responsables de ce chantage tandis que les passagers du train sont laissés dans l’ignorance du sort, qui risque de les attendre au bout de la ligne.

Le pitch vous semblera bien sûr très familier. Speed de Jan de Bont reprendra l’excellente idée du maintien d’une vitesse minimum sous peine de voir le véhicule exploser. Elle met sous tension l’ensemble du film. D’autres films se sont également inspirés de Super Express 109, dont Unstoppable de Tony Scott.

Film de prestige, le studio a fait appel à des stars de l’époque, dont Ken Takakura et Sonny Chiba, pour jouer les rôles principaux à l’instar de Steve McQueen et Paul Newman dans La Tour infernale.

Près de 50 ans après sa sortie, Super Express 109 est un film d’action qui tient encore très bien la route. Le réalisateur Jun’ya Satō a très bien mené sa barque en termes de gestion du rythme et des rebondissements. Il alterne scènes dans le train, au sein du gang, de la police et au quartier général de la SNCF japonaise. Chacun de ces groupes, à l’exception notable des maîtres chanteurs, étant régulièrement sous tension en raison des enjeux de la situation pour chacun d’entre eux.

La réussite du long métrage tient aussi à sa structure composite. Super Express 109 n’est pas seulement un film catastrophe, où les héros cherchent à éviter le pire. Il met également en scène une enquête policière/chasse à l’homme – une police japonaise d’ailleurs très efficace – pour alpaguer les coupables.

Le cinéaste apporte une épaisseur supplémentaire à son film en ajoutant une dimension sociale. Ici, pas de terroriste démoniaque. Jun’ya Satō fait mentir Alfred Hitchcock : plus le méchant est méchant, meilleur est le film. Les membres de l’équipe à l’origine du chantage sont des japonais ordinaires en rupture de ban, qui n’ont plus rien à perdre : un jeune sans le sou, le propriétaire d’une PME en faillite et un révolutionnaire désenchanté. Le passé des personnages n’est cependant pas approfondi plus que cela.

Les scènes spectaculaires avec le train sont le résultat d’un mélange de maquettes et prises de vues réelles. La méticulosité avec laquelle ces effets spéciaux ont été réalisés et intégrés, même s’ils sont clairement visibles, ont bien résisté au passage du temps.

Super Express 109 est une belle réussite du genre et il n’y a rien d’étonnant à ce qu’il ait suscité des remakes. Machine à recycler et à remettre à sa sauce les recettes ayant fonctionné ailleurs, Hollywood s’inspirera de ce film catastrophe, Made in Japan. Le Super Express 109 est de retour dans sa gare de départ.

Super Express 109 est disponible chez Carlotta dans un coffret comprenant le Blu-ray du film dans sa version intégrale et le DVD de la version sortie en France en salle à l’époque. Des versions simples sont également disponibles.

- Article paru le mercredi 16 mars 2022

signé Kizushii

Japon

Les salauds dorment en paix

Philippines

Joyce Bernal

Corée du Sud

Shin Dong-il

Corée du Sud

Oki’s Movie

Vietnam

Flapping in the Middle of Nowhere

Corée du Sud

Les fleurs de l’enfer

articles récents

Sri Lanka

Les Guêpes sont là

Taiwan

The Sadness

Inde

Charulata

Inde

Le Lâche

Japon

La Lune s’est levée

Japon

Mademoiselle Ogin