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Thaïlande

Ziam

aka ปากกัด ตีนถีบ | Thaïlande | 2025 | Un film de Kulp Kaljareuk | Avec Prin Suparat, Nuttanicha Dungwattanawanich, Wanvayla Boonnithipaisit, Johnny Anfone, Pimmada Boriruksuppakorn, Jason Young

Essayez de faire preuve d’abstraction, parce que le cadre n’est pas simple à imaginer. Nous sommes dans un futur plus ou moins proche, les catastrophes naturelles liées à la crise climatique se sont multipliées, les calottes glaciaires ont fondu, les populations ont un peu de mal à se nourrir... C’est bon, vous y arrivez ? La Thaïlande, plus maligne que les autres, a fermé ses frontières et garde la tête hors de l’eau, quoique de justesse, en se nourrissant notamment des insectes élevés en masse par la VS Corporation. Au milieu de tout ça, Singh, ancien combattant de Muay Thai, remplit des missions dangereuses pour cette VS qui a tout de l’organe de gouvernance, au grand dam de sa petite amie Rin, doctoresse à l’hôpital, qui se ronge les sangs. La dernière en date - et normalement dernière tout cours, puisque Singh veut raccrocher : acheminer de précieuses caisses de poissons, récupérées dans un cargo échoué. Sans savoir que ceux-ci contiennent des bactéries ancestrales qui vont transformer ceux qui les mangent en zombies enragés, qui vont prendre d’assaut l’hôpital de Rin, mis en quarantaine par le pouvoir en place...

J’avoue, après toutes ces années d’innombrables productions zombiesques, sur grand et petit écran, de par le monde, je ne suis toujours pas lassé, et suis prêt à regarder tout ce qui croise mon chemin. D’ailleurs je l’ai toujours dit : les zombies, c’est la vie. Surtout que, sur le papier, ce Ziam – pour Zombie Siam, il fallait y penser – a tout pour plaire ou presque, pour celui qui, comme moi, s’imagine voir The Raid en mode morts-vivants...

Malheureusement, Ziam est une production Netflix et, comme souvent, donc, assez décevant. Sauf que, pour une fois, le film ne souffre pas de cette superficialité très télévisuelle, qui neutralise progressivement l’effet de tous les mots-clés qui ont conduit l’algorithme soit à le créer, soit à vous le suggérer. On comprend très vite que la réalisation de Kulp Kaljareuk sera too much, avec drones, surdécoupage - quelle drôle d’idée de changer de plan à chaque mouvement d’un combat, tout de même - et transitions ultra-chiadées, mais Ziam offre d’une certaine façon plus que ce à quoi le spectateur est en droit de s’attendre. Surtout lorsque les sprinklers anti-incendies de l’hôpital font muter les zombies, mais je ne vous en dirai pas plus, puisque j’en ai déjà trop dit.

Avant d’en arriver là, le film aura enchaîné les rebondissements et les emphases, transformé une gentille maman en zombie dévoreuses de nouveaux-nés, rajouté le SWAT, un compte à rebours, des explosifs et j’en passe. Si les transitions numériques, comme une partie du film, ne semblent pas très logiques, les maquillages à l’ancienne, eux, sont très sympas (dommage qu’on n’en profite pas assez, la faute à un rendu ralenti-accéré à la Christopher Doyle utilisé à plusieurs reprises), et le caché global est de bonne facture. Ziam marque donc des points bonus. Par contre, il aura omis l’essentiel : presque jamais Singh n’aura mis à profit ses compétences de combattant, une fois la démonstration faite à la suggestion de l’insupportable petit Buddy de viser la tête, pour casser du défunt à coups de coude. Ziam élabore plusieurs set pieces pouvant déboucher sur un affrontement de luxe, et chacune est désamorcée ou éludée sans que nous ayons droit à un véritable brawl en bonne et due forme. Bref, ça manque gravement de combat, et Kulp Kaljareuk divertit donc, un peu, tout en passant avec aisance à côté de son sujet. C’est quand même con, non ?

Ziam, en tant que production Netflix, est disponible, euh, sur Netflix.

- Article paru le jeudi 17 septembre 2026

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