Dotsuitarunen

Junji Sakamoto : round 1...

Eiji Adachi est un grand champion de boxe adulé par tous, jusqu’au jour où il perd son titre face à Eagle Tomoda qui le met K.O. Adachi subit alors une intervention chirurgicale, et s’en tire miraculeusement... Les mois passent. Adachi décide alors de quitter son club, le National Gym, pour fonder le sien. Nul besoin de publicité, puisque le seul nom "Adachi" suffit à remplir le club. Un beau jour, un bègue tout de noir vêtu, se présente comme étant le nouveau coach du club d’Adachi... seulement ce dernier n’est pas au courant, et il se montre véhément avec l’homme avant de découvrir sa véritable identité ; Sajima, ancien champion poids Welter... Adachi l’accepte donc comme entraîneur. Mais petit à petit, les méthodes d’entraînement violentes et le caractère tyrannique d’Adachi font que les apprentis boxeurs quittent le club les uns après les autres... Seul, il est contraint de fermer son club. Mais la boxe est sa vie, et malgré les dangers qu’il encourt, Adachi décide de reprendre le chemin du ring...

...si Junji Sakamoto semble avoir toujours autant de mal à s’exporter en dehors des frontières de son pays - hormis dans quelques festivals -, il n’en reste pas moins l’un des réalisateurs nippons les plus talentueux de sa génération. Son principal défaut ? un éclectisme pas assez tape à l’œil... A la tête de treize long-métrages réalisés sur une période de quinze ans (Kao, Orokamono), Sakamoto, grand amoureux du noble art, offrait l’un des plus beau film sur la boxe, en même temps qu’un regard on ne peut plus humain sur le parcours d’un homme qui sacrifiera sa vie pour sa passion...

Adachi est un homme passionné. Violent, brutal, laissant derrière lui désordre et chaos, il est tel l’enfant qu’il était, rêvant devant ses héros... le ring était son bac à sable. Un homme qui n’a pas eu d’enfance. L’ivresse que lui procure la vaseline étalée sur son visage, l’odeur des gants, la douleur de l’entraînement, la peur de la défaite... Adachi n’a plus peur de rien ni personne, puisqu’il est déjà mort une fois. Ressorti du néant in extremis, il n’a qu’un but : boxer, boxer jusqu’à la mort, boxer... L’arrogance dont fait preuve Adachi, atteint son paroxysme lorsqu’il décide de quitter le petit club dans lequel il devint le champion adulé qu’il était, avant son K.O... dans le sillage de sa défaite, il entraîne avec lui son vieil entraîneur, son amie d’enfance, et Kiyota, un jeune boxeur prometteur. Homme-enfant prêt à tout, y compris à se détruire pour parvenir à réaliser son rêve utopique, dont les préoccupations égocentriques vont bouleverser la vie d’une poignée d’hommes et de femmes, Adachi va peu à peu apprendre de ses erreurs... comprendre ce qu’il est, et ce qu’il désir au plus profond de lui.

...en réalisant Dotsuitarunen, Sakamoto donne un uppercut à un cinéma japonais alors moribond, qui ne parvient pas à sortir de ses propres frontières. Alors âgé de trente-cinq ans, le cinéaste s’offre un premier film sans complaisance ni conventionnalisme... qui parvient à trouver à la fois un véritable succès public et critique ! ...une lueur d’espoir pour l’avenir cinématographique de l’empire du soleil levant ?...

Si Dotsuitarunen est le premier long-métrage du réalisateur, il est également celui - en tant qu’acteurs cette fois - d’Hidekazu Akai (119), ex-gloire de la boxe aujourd’hui reconverti dans le métier d’acteur... son "non professionnalisme" en matière de jeu devient rapidement son point fort ; il donne à son personnage une dimension d’un tel réalisme, qu’il donne l’impression au spectateur de se trouver devant un documentaire (les scènes où il se fait vomir, l’entraînement...).

Autre ex-boxeur faisant ici ses premiers pas d’acteur, Takeshi Yamato (Marî no Emono) qui retrouvera Sakamoto dans son chef-d’œuvre de nihilisme Tokarev cinq ans plus tard... A leurs côtés, la jeune Haruko Sagara (l’excellent et cultissime dorama Sukeban Deka II) entourée de deux grands noms du cinéma japonais ; Yoshio Harada et Akaji Maro, sans oublier une prestation surprenante de l’inimitable chanteur de enka Kenichi Mikawa !

Premier film coup de poing, Dotsuitarunen marque les esprits par son nihilisme lancinant, tout en portant une lueur d’espoir... un grand petit film qui laissait augurer la naissance d’un réalisateur unique, et un cinéma dégageant une véritable humanité. Sakamoto gagne par K.O... dès le premier round.

Kuro | 16.07.2004 | Japon

DVD (Japon) | Pioneer | NTSC - Zone 2 | Format : 1:1:66 - 16/9 | Images : Magnifiques ! Un transfert d’une beauté à couper le souffle... | Son : Excellent mono.

Suppléments : nada !... enfin si, un livret de 4 pages...

Ce DVD ne comporte pas le moindre sous-titre.

Dotsuitarunen existe à l’unité, ou couplé aux films Tekken et Oute dans le Sakamoto Junji DVD Box...

Existe également en VHS (NTSC) au Japon.

aka Knock Out ! - Knockout | Japon | 1989 | Un film de Junji Sakamoto | Avec Hidekazu Akai, Haruko Sagara, Yoshio Harada, Takeshi Yamato, Akaji Maro, Kenichi Mikawa, Terue Shouji, Kogan Ashiya, Kôichi Wajima, Tetsuya Yuuki, Masaharu Ôwada, Seihachi Nakazawa, Yoshiaki Fujita, Hôpu Yutaka, Takeshi Masu, Haihîru Momoko, Ryûji Yamamoto, Jirou Watanabe, Takuya Mugurama, Junya Kushikino, Kôichi Sugimoto
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