The Host

« Vous y retrouverez du rire, de l’aventure, de l’amour, du suspens. Vous y retrouverez aussi des mimosas, des merguez-frites, et bien plus encore (...) ». [1]

Bong « Memories of Murder » Joon-ho aura atteint la prééminence du cinéma coréen en seulement trois films. Son succès se mesure non seulement à l’aune de l’extraordinaire succès public recueilli par The Host dans son pays natal, mais également par l’excellent accueil, justifié, que la critique lui a réservé lors de sa présentation au cours de la quinzaine des réalisateurs à Cannes. Signe de cet engouement, seule une poignée de mois séparent sa sortie au Pays du Matin Calme et de celle de l’Hexagone, un record sûrement.

La famille Park tient un snack au bord de la rivière Han, lieu de détente des habitants de Séoul. Hee-bong est à la tête de cette famille constituée de bric et de broc : Gang-du, le fils aîné, dont le ressort interne semble s’être cassé, est sujet à des crises de narcolepsie, Nam-joo, la fille, championne de tir à l’arc mais un peu lente, tandis que Nam-il, le cadet, est un jeune diplômé au chômage. Heureusement, la fille de Gang-du, Hyun-seo donne des raisons d’espérer à la famille. Jusqu’au jour où Hyun-seo va être enlevée par un monstre surgit des profondeurs de la rivière...

Une des spécificités du cinéma coréen réside dans son audace à mélanger dans un même film des situations, des sujets, des thèmes qui nous semblent incongrus. Bong Joon-ho s’inscrit clairement dans cette filiation depuis son premier film, Barking Dogs Never Bite, et le porte à un niveau supérieur dans sa dernière réalisation. Le réalisateur coréen nous livre un délicieux film « mille feuilles », amusant et provocateur.

Sur la base de la trame classique d’une famille qui va se ressouder dans l’épreuve, Bong Joon-ho sort des sentiers battus en mélangeant les genres, tous les genres. Il reprend la tradition du film de monstre au contenu politique (Godzilla en 1954 et L’invasion des profanateurs de sépultures en 1956) : sa critique de la relation entre la Corée du Sud et les Etats-Unis est particulièrement acerbe. Il dénonce le comportement de laquais du pouvoir sud-coréen, attitude à l’origine de la création du monstre puis de la débâcle qui va s’ensuivre.

Cependant, Bong Joon-ho fait entendre sa musique personnelle, en particulier en désamorçant certaines scènes fantastiques ou réalistes par l’humour, mais sans jamais tomber dans la parodie. Sa fibre humaniste et sociale est également présente, il critique la politique américaine mais la première personne qui se lance avec Gang-du à l’attaque au monstre est un soldat américain en permission...

Ses concitoyens et leur âpreté au gain ne sont pas non plus épargnés. Le fils cadet est ainsi trahi par un ancien camarade, avec qui il participait à des manifestations pour la démocratie, pour une récompense. Et celui-ci de se demander quel est le régime fiscal de la prime ! Plus tard, ce même fils se verra vertement tancer par un SDF qu’il voulait rémunérer pour l’avoir aidé : « Qu’est ce qui te fait dire que je veux ton argent ? ».

La réussite du film tient en ce que le réalisateur parvient à lui donner une unité d’ensemble, à faire vibrer le spectateur sur l’ensemble de la palette des émotions (rire, peur, tendresse...). Vous l’avez compris, allez voir The Host pour que l’Hallyu touche enfin les rivages français dans les proportions qu’elle mérite.

Kizushii | 7.12.2006 | Corée du Sud

The Host est sorti sur les écrans français le 22 novembre dernier. il est disponible en DVD coréen sous-titré anglais dans des éditions de standing différent, et depuis peu en France grâce à Océan Films Vidéos. (MAJ du 12/09/07).

Les suppléments de l’édition Océan Films Vidéo

Le premier supplément, Aux origine de The Host, est
consacré au scénario à travers principalement les
interviews de Bong Joon-ho et de ses deux
co-scénaristes. Il reviennent sur les grandes lignes
de la création de l’histoire. La partie la plus
intéressante concerne le repérage des lieux où va se
dérouler l’action du film.
La famille Park présente simplement les membres de la
famille sous la forme d’interview des acteurs et de
diaporama. Ce supplément ne présente guère d’intérêt
après la vision du film.
Le design de la créature est centré sur la naissance
de la bête, pas sur le plan technique, mais celui
des idées. Comment à partir de l’idée de départ de
Bong Joon-ho, l’hôte a pris forme petit à petit.
Intéressant, avec une riche et belle iconographie.
La communauté de Weta est une présentation légère du
séjour de Jang Hee-chul, le créateur de la créature, à Weta Workshop
lors de la création de la maquette qui servira pour les effets
spéciaux. A voir pour le côté potache.
De l’animatique au rendu final montre les différentes
étapes de l’intégration du monstre dans trois scènes
du film.
Dans Dans la tête du monstre, Bong Joon-ho raconte le film
du point de vue du monstre.
Supplément classique, le DVD présente de plus 13 scènes
coupées ou des rush qui n’ont pas été choisis avec ou
sans les commentaires du réalisateur.
Tournage au coeur des ténébres traite de l’expérience
de l’équipe plors du tournage des scènes dans les
égoûts, leurs souvenirs de guerre.
Bong Joon-ho en action est une featurette centrée sur
réalisateur et son implication, ce qui n’est pas un
vain mot pour Bong Joon-ho, aux différents stades du
film. The Host est, vraiment, un, film DE Bong
Joon-ho.
Le dernier bonus est un entretien avec le réalisateur
lors de son passage en France, où il évoque en
quelques minutes les principaux thèmes de son film.

Les 1h30 de bonus offrent une vision d’ensemble de la
construction du film, de l’origine du scénario à la
mise en scène en passant par des aspects plus
techniques comme la création du monstre et son
intégration dans les différences scènes. Le
téléspectateurs y pêchera de nombreuses informations
intéressantes à propos du film.

[1Librement inspiré de l’introduction de l’album Houlala 2, la mission des Ludwig von 88.

aka Gwoemul | Corée du Sud | 2005 | Un film de Bong Joon-ho | Avec Song Kang-ho, Bae Doo-na, Park Hae-il, Byun Hee-bong, Ko Ah-sung
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