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Badland Hunters (2024)
Corée du Sud

Badland Hunters

aka 황야 | Corée du Sud | 2024 | Un film de Heo Myeong-haeng | Avec Ma Dong-seok, Lee Hee-joon, Lee Jun-young, Roh Jeong-eui, Ahn Ji-hye

Alors que le docteur Yang Gi-su est interrompu dans ses expériences meurtrières, menées dans le but de ramener sa fille à la vie, un immense tremblement de terre détruit Séoul. Quelques années plus tard, les survivants se réunissent dans quelques villages désolés, parcourent les ruines à la recherche d'eau à filtrer pour survivre, et autre viande de crocodile à marchander. Nam-san et le jeune Choi Ji-wan sont deux chasseurs, le premier protecteur de la jeune Su-na, le second épris d'elle. Lorsque Su-na et sa grand-mère sont emmenées par une scientifique dans un prétendu refuge destiné aux peu nombreuses familles comptant encore des adolescents, les chasseurs partent à sa rescousse, assistés par Lee Eun-ho, une déserteuse du refuge au sein duquel Yang Gi-su poursuit ses expériences...

Ce n'est pas vraiment du côté de son scénario qu'il faut chercher l'originalité de Badland Hunters, qui se veut une suite indépendante au film Concrete Utopia de 2023 (que je n'ai pas vu). D'ailleurs, il ne faut peut-être pas la chercher du tout, car ce n'est pas vraiment son propos – même si l'idée de fabriquer un peuple de reptiliens, pour survivre à la pénurie d'eau et d'aliments, est une façon sympathique d'envisager la résilience en temps d'apocalypse. Plutôt que de résoudre le problème du besoin, diminuer physiquement la dépendance à celui-ci. Et, au passage, offrir de sympathiques clins d’œil aux visiteurs de V, tout en rappelant l'importance de la glande pituitaire chère à Stuart Gordon (From Beyond). Vous voyez, finalement, Badland Hunters a quelques idées / emprunts en sa faveur.

Plus que d'originalité toutefois, Badland Hunters dispose d'atouts et d'efficacité. Réalisé par l'action director Heo Myeong-haeng, figure incontournable de la chorégraphie et de la direction de cascades en Corée du Sud, à l’œuvre sur les films de Park Chan-wook, Kim Jee-woon, Bong Joon-ho et Yeong Sang-ho, entre autres, qui passe ici pour la première fois derrière la caméra, le film fait fi de tout développement écrit de ses protagonistes (Su-na est la seule à être un peu mieux traitée), et lui préfère la caractérisation dans l'action. Ma Dong-seok (Nam-san) est comme toujours une incroyable force d'inertie, tandis que Lee Jun-young (Choi Ji-wan) et surtout Ahn Ji-hye (Lee Eun-ho) expriment vitesse et légèreté. Leurs takedowns collectifs sont un régal, tout comme les exécutions de Nam-san, à deux doigts de la fatality. Le film a même droit à son indispensable baston de couloir ultra-violente, avec armes et poings, d'autant plus jouissive que les adversaires ne lâchent pas l'affaire, même sur moignons. It's just a flesh wound.

Bien que je reconnaisse aisément la supériorité cinématographique du parti pris génial de Zach Cregger dans son adaptation de Resident Evil, je suis un très grand fan des qualités presque camp du serial de Paul W. S. Anderson. Badland Hunters, c'est un peu ça : un Paul W. S. Anderson coréen, avec un tremblement de terre abusé, des terres dévastées, un crocodile en synthèse, un savant fou grandiloquent et des méchants en mode Mad Max cheap ; mais aussi un supplément de maestria en termes d'action, et Ma Dong-seok à la place de Milla Jovovich. Moins sexy, certes, mais pas moins charismatique – et certainement pas moins de punch.

Badland Hunters, production Netflix, est disponible sur la plateforme.

Akatomy, le mardi 20 octobre 2026
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