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Japon

Sadako 3D

aka 貞子3D | Japon | 2012 | Un film de Tsutomu Hanabusa | Avec Satomi Ishihara, Kôji Seto , Ryôsei Tayama, Tsutomu Takahashi, Hikari Takara, Yûsuke Yamamoto, Shôta Sometani, Ai Hashimoto

Au lycée dans lequel Akane (Satomi Ishihara) enseigne, la rumeur d'une vidéo maudite se répand. Lorsque l'on recherche cette captation du suicide d'un certain Kawashida, qui aurait déjà causé la mort des cinq spectateurs du live stream originel, on tombe généralement sur une 404 ; mais certains malheureux parviennent à visionner les images maudites - c'est le cas d'une des élèves d'Akane. Cette dernière parvient à sauver une autre élève des griffes du yûrei qui surgit de l'écran à la fin de la vidéo, mais une voix l'informe alors que c'est elle que le fantôme convoite. Akane se retrouve donc aux premières loges de cette malédiction déployée par Kawashida, pour ramener à la vie une certaine S...

Dans les années 2010, le Japon n'est pas plus épargné que le reste du monde par la vague de films tournés ou gonflés en 3D. Le Sadako 3D de Tsutomu Hanabusa (qui a depuis réalisé les adaptions live du manga Tokyo Revengers) renoue donc, douze ans après Ring 0: Birthday, avec la mythologie de Sadako, pour un film qui tient parfois plus de l'attraction horrifique que du cinéma à proprement parler. Supposé être adapté du cinquième roman écrit par Kôji Suzuki, S, sorti la même année, il est très probable que Sadako 3D s'en éloigne largement. En effet, depuis qu'Hideo Nakata a été amené à imaginer sa propre suite à Ring après l'échec de Rasen, qui adaptait le second roman de la saga et son tournant SF à l'écrit, l'édifice Ring au cinéma évolue dans une espèce de schizophrénie, partagée entre deux canons, mais tentant de privilégier l'horreur aux histoires de simulations et virtualités de Suzuki.

Ce qui n'empêche pas Sadako de se mettre au numérique : exit la VHS analogique flippante, bonjour la vidéo en goguette sur le web, et la possibilité pour la revenante d'apparaître sur tous les écrans du Japon pour poursuivre Akane. Dans cette poursuite, Sadako déploie une esthétique numérique un peu cheap à coup de mains et autres mites qui sortent de l'écran, mais il y a pourtant quelque chose de charmant qui se dégage de cet opus. L'idée des insectes qui recouvrent les inscriptions sur les murs de l'appartement de Kawashida par exemple, ou encore la séquence de la poursuite d'Akane par les femmes dégingandées... Les effets ne sont pas terribles, mais les intentions esthétiques elles, sont louables.

Sadako 3D étoffe son récit an faisant d'Akane une espèce de penchant positif au personnage de Sadako, avec ses élans de psychokinésie qui l'ont marginalisé depuis l'enfance. Mais si Akane est capable de manifester ses peurs dans une énergie explosive – c'est pratique pour la 3D, puisqu'à chaque fois des vitres éclatent et des bris de verre volent vers le spectateur -, c'est pour sauver des gens et non leur nuire. Une réalité que son petit ami est le seul à percevoir et accepter, et qui fait d'Akane le seul personnage développé du film.

On aurait bien aimé en effet, que Kawashida et ses exactions occupent une part plus importante dans l'histoire, quitte à ce que celle-ci dévoile moins rapidement sa vidéo maudite. En l'état, Sadako 3D ne risque pas de faire beaucoup d'ombre au premier opus de Nakata, mais pour les inconditionnels de la contorsionniste hirsute, cette première résurrection de Tsutomu Hanabusa (il y en aura une deuxième l'année suivante) peut constituer un tout petit fix. Et puis Satomi Ishihara est super charmante, aussi.

Sadako 3D fut un temps disponible en DVD et Blu-ray ; moi j'ai retrouvé un DVD zone 1 pas vilain de chez Well Go USA, intitulé simplement Sadako, dans mon stock. Il est aujourd'hui, comme sa suite, bien difficile à dénicher en support physique.

Akatomy, le mercredi 14 octobre 2026

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