The Blue Jean Monster
Venu au temple avec sa femme Chu, prier pour la bonne fortune de la naissance de leur futur enfant, Tsu (Shing Fui-On) rate discrètement son rituel, et écope d'un mauvais présage. Le karma ne se fait pas attendre : alors qu'il poursuit, le soir même, un gang de braqueurs sur un tuyau de son indic/protégé Power Steering, il est tué par leur chef (Jun Kunimura), qui lâche des débris de ferraille sur lui avec une grue. Mais grâce à la présence d'un chat, la volonté de voir naître son enfant, et un coup de foudre providentiel, Tsu revient à la vie. Chargé de l'enquête, il va devoir protéger Gucci, croisée le soir de l'incident, otage qui a réussi à s'enfuir avec le butin du braquage. Et trouver le moyen de se recharger régulièrement en électricité.
Shing Fui-On dans le seul rôle principal de sa carrière, héros d'une variation Category III du Flic ou Zombie (Dead Heat, 1988) de Mark Goldblatt, emballée par le réalisateur de Daughter of Darkness et The Imp ? J'achète !
La première bobine de The Blue Jean Monster est un cas d'école de l'enthousiasmante frénésie du cinéma HK du début des années 90. Kai-Ming Lai y enchaîne comédie, action, violence et fantastique, avec verve et, comme il se doit, un mauvais goût qui ferait froncer bien des sourcils aujourd'hui. Pas évident de passer, en l'espace de quelques minutes, d'un braquage en mode The Big Heat, avec des membres arrachés par les balles de Jun Kunimura et ses comparses, à la résurrection électrique de Shing Fui-on... Sans compter qu'auparavant, le personnage de Gucci nous a été présenté au travers d'une insolite parade d'identification, dans laquelle le réalisateur suggère qu'un homme aborde un hamburger et une poitrine féminine de façon identique ; et que l'on verra juste après le surnommé Power Steering se régaler des nouilles ressorties de la plaie béante de Tsu, empalé après sa résurrection, suite à son premier repas de mort-vivant...
Ça peut paraître beaucoup, mais il nous reste pourtant encore des blagues homophobes et autres railleries envers les handicapés, des faux seins éclatés (portés par Amy Yip), des séquences improbables de Shing Fui-On trop chargé d'électricité qui se déplace et parle à toute vitesse, l'accouchement le plus rapide de la création... Je pourrais vous détailler par le menu les atouts très typés et datés de The Blue Jean Monster, mais le mieux est de les découvrir par vous même. Le grand écart pratiqué par Kai-Ming Lai n'est quand même pas de l'envergure de celui de Daughter of Darkness, mais il reste impressionnant, même pour un aficionado à même d'encaisser la délicatesse des quiproquos du film.
Comptant sur la présence de l'immense Jun Kunimura en bad guy de catalogue, et la prestation presque à contre emploi de Shing Fui-On, capable de cuire un cookie dans sa plaie abdominale, bouchée à la pâte à gâteau, lorsqu'il s’électrocute volontairement au fer à repasser, Kai-Ming Lai aurait pu se contenter de moins. Mais The Blue Jean Monster fait indéniablement partie de ce que le cinéma HK de cette époque faste recèle de plus barré, divertissant et dépaysant.
Personnellement, j'ai déballé mon DVD HK issu de la Legendary Collection de Joy Sales, à l'image pas dingue, pour les besoins de cet article. Mais aujourd'hui, il est visible en Blu-ray, grâce aux anglais de 88 Films.

















